Marc Jolivet fait de la campagne un cirque

La campagne électorale, il en est qui en redemandent.  Et ils sont nombreux à en juger la fréquentation de la salle Gaveau vendredi 20 avril au soir, avant-veille du premier tour de la présidentielle…

C’est à un One man show inédit,  presque entièrement consacré au pouvoir et à la politique, que s’est livré Marc Jolivet aidé des trois co-auteurs et amis : un journaliste (Christophe Barbier), un psy-chroniqueur (Gérard Miller) et un communicant (Claude Posternak).

Petit homme rond mais souple comme un Raymond Devos, comme monté à ressorts  sur des baskets blanches, l’humoriste réalise une prestation très physique.  Il se donne parfois des allures de Coluche qui fut en son temps happé par le barnum de cette consultation populaire.  Marc Jolivet lui emprunte d’ailleurs  son nez rouge sur l’affiche du spectacle. Le show man se fait aussi  Anne Roumanoff quand,  aviné, il digresse au bar devant une bouteille de vin bio. Ce n’est d’ailleurs pas le nectar du spectacle… Sauf quand il fait monter sur scène une Marianne ivre et déglinguée par les cinq rudes années qu’elle vient de vivre…

De vin bio, il est question avant,  pendant et après le spectacle. Sans modération. Marc Jolivet parraine le festival  « Humour et vin bio »… 

Le spectacle démarre par le meilleur du show,  la politique. Avec des portraits hilarants de candidats. Laissant à de plus talentueux leur don d’imitation, l’humoriste réserve ses flèches verbales acérées à l’actuel président «Monsieur Zigzag», ou encore Cheminade,  «l’homme qui restera dans l’histoire comme ayant récolté davantage de signatures que de suffrages».

Il se fait mordant quand il classe politiquement  félons et transfuges «au prorata ». On y sent bien la patte et les griffes  de Christophe Barbier. Le directeur de la rédaction de l’Express, est d’ailleurs présent dans la salle et monte aussi sur scène avec ses acolytes en homme de théâtre qu’il est à ses heures.

Marc Jolivet profite  d’une salle comble  et conquise. L’homme à tout faire devine que le public lui est acquis et s’en amuse.  Dans cette ambiance très politique, certains se souviendront que l’humoriste parvint à rafler plus de 11 % des suffrages avec l’étiquette écologiste aux élections municipales de 1989 dans le cinquième arrondissement.

Tout n’est pas bon dans ce show et certains jeux de mots sonnent un peu vaseux. C’est quand il se fait chansonnier que Marc Jolivet est le meilleur, notamment grâce à son parolier.

Dans cette salle de concert sobrement  éclairée par des projecteurs bleu-blanc-rouge mettant en valeur ses orgues gigantesques,  le spectacle commence et finit par de la musique. L’orchestre (14 instruments  à vent) s’appelle « Piston Circus ».

L’humoriste et ses comparses ont  prévu de donner quatre spectacles différents, deux à l’occasion du premier tour, deux à la veille du deuxième. Le prix annoncé varie (sur le papier) en fonction de la coloration politique du spectateur, les « droitistes » payant davantage que les « gauchistes ». Marc Jolivet annonce la couleur mais c’est pour rire : réservées sur  Internet, les places voient leur prix dépendre  de la seule qualité de l’emplacement.

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