Chez Legrand filles&fils, le bar y vaut largement l’épicerie

L’ancienne échoppe de la Corporation des Epiciers dont l’accès se trouve au 1 rue de la Banque ou par le passage Vivienne (transversalité idéale pour semer ses poursuivants) fait tout à la fois l’épicerie, les vins fins et la restauration. Y accéder par la rue de la Banque permet de tout voir, y compris quelques jolies carafes à décantation tel le fameux « duck decanter » de chez Riedel. Et le parcours se termine au bar du restaurant.

Jour de chance ? D’emblée l’ambiance s’avère très sympathique autant que calme. Nous avons compté au moins deux italiennes au bar (le meilleur endroit pour déjeuner) lesquelles, venues pour déguster et se restaurer, sont reparties c’est bon signe, avec quelques bouteilles sous le bras. Oui le bar est bien le meilleur endroit pour déjeuner car l’accès est direct avec ceux qui opèrent derrière.

Nous avons opté pour deux assiettes de charcuterie « Legrand », chacune abondamment garnie de pâtés, rillettes, saucisson et oignons au vinaigre balsamique. Elles se sont laissées dévorer sans histoires et d’autant plus facilement que nous les avions accompagnées d’un Savignin (Jura) 2010 et d’un Bourgogne Leroy 2000. Blanc des deux côtés.

C’est à partir de là que les vraies conversations pouvaient démarrer. Car le Savagnin nous a été servi frais alors qu’au pays ils le servent à température ambiante c’est-à-dire incluant la fraîcheur locale, d’une cave par exemple. Pour un blanc c’est surprenant mais il vrai que c’est davantage aux alentours de 15 degrés que le Savignin révèle la richesse par étage de ses arômes. Un vin qui mérite sa réputation, ce qui fut vrai également du Bourgogne avec une présence de réglisse au nez comme au palais, des plus appréciables.

Après le débat assez court sur le Savagnin, notre voisin à chapeau qui se sustentait d’une omelette à truffes noires et blanches (avec une salade), nous a fait remarquer que nous aurions dû prendre une bouteille car c’était plus économique qu’au verre. Nous nous sommes gardés de lui répliquer que dans ce cas-là autant passer directement au tonneau mais il faut dire que ce voisin qui pratiquait une sorte d’ascèse trahie par un demi-sourire qui fleurait l’extase, avait presque achevé une bouteille de Condrieu vide de ses promesses tenues.

Nous avons notamment  noyé notre serment de ne nous en tenir qu’à un seul verre dans un hanap de Sancerre (maison Cotat) à  l’élégance très sûre et nous nous sentions enfin chez nous, toujours à côté de ce voisin que le Condrieu avait finalement conduit dans une zone de béatitude d’où il nous adressait ses sentiments les plus  distingués.

Précisons comme une anecdote que l e gâteau au chocolat était un modèle d’équilibre avec peu de sucre et une belle et longue saveur beurrée. Il n’y avait plus qu’à régler l’addition, soit 80 euros avec deux cafés. Pour cette parenthèse ouatée en tout point réconfortante, nous y avons trouvé notre compte en se faisant la promesse d’y revenir mais sans réunion l’après-midi pour mieux profiter des vins.

 

http://www.caves-legrand.com/

 

 

 

Print Friendly, PDF & Email
Be Sociable, Share!
Ce contenu a été publié dans Gourmandises, Surprises urbaines. Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

4 réponses à Chez Legrand filles&fils, le bar y vaut largement l’épicerie

  1. FMaurel dit :

    savignin ou savagnin ?

  2. Philippe Bonnet dit :

    Vous avez tout à fait raison cher lecteur, il s’agit bien de Savagnin. Nous corrigeons. Merci à vous. PHB

  3. Pierre DERENNE dit :

    Merci de nous faire partager cet agréable moment. Merci aussi de parler du Savagnin. Il est difficile de faire apprécier ce cépage aux pal

  4. Pierre DERENNE dit :

    aux palais d’aujourd’hui. Quant à votre « voisin » Condrieu, dans une France (Europe ?) où bien des repères semblent caduques maintenant, regardez le comme un amer…

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *