Un répit de quelques jours

Comme chaque fin d’année, Les Soirées de Paris s’accordent une pause et ce après plus de 600 publications.

2012 a été l’année du centenaire de la création de cette revue par Apollinaire et ses amis. En avril 2013 ce sera le tour d’Alcools, le recueil majeur de poésies d’Apollinaire, de fêter les 100 ans de sa publication. Ajoutons à cela une toute nouvelle biographie du poète, par Laurence Campa, attendue chez Gallimard au printemps.

Comme d’habitude je remercie ici chaleureusement les amis des Soirées qui contribuent depuis Paris, Lille ou Londres à l’existence nouvelle de cette revue. Je ne manque pas non plus de remercier les lecteurs, de plus en plus nombreux, pour leur fidélité, quotidienne ou occasionnelle. Rendez-vous début janvier pour une nouvelle année que je vous souhaite à tous, bonne, heureuse, variée, enrichissante…

…et pour ceux qui auraient le courage de lire la suite, la situation des Soirées de Paris est quelque part assez symptomatique des problèmes que traverse la presse d’information. Si cette revue a pu renaître en octobre 2010 c’est grâce à la générosité éclairée des journalistes qui y participent gracieusement. Et aussi parce que la technologie web nous a permis de nous affranchir des coûts de production liés à l’impression d’un journal. Symptomatique donc, car le fonctionnement des Soirées est vierge de toute problématique de financement.

Cette revue fondée en 1912 par un groupe d’amis, donne de l’information à une époque où les producteurs d’information ont globalement de plus en plus de difficultés à se faire rémunérer. L’information sur internet est gratuite, elle contribue à la richesse de ce médium et pourtant les auteurs d’articles, comme les structures qui les réunissent, touchent de moins en moins de contreparties.

L’état de la presse d’information en France est en situation de catastrophe avancée. Si les aides de l’Etat n’étaient pas là pour la soutenir, si l’Etat ne subventionnait pas complètement les groupes de l’audiovisuel public, si certains industriels ne mettaient pas la main à la poche pour des raisons multiples et donc pas seulement altruistes, la pluralité de l’information serait proche de l’anéantissement.

« Et maintenant on va où » ?, pourrait-on dire en paraphrasant l’excellent titre du film libanais sorti en 2012 et par ailleurs chroniqué sur Les Soirées de Paris. Euh…, c’est une question sans réponse satisfaisante. Il y a encore quelques maisons dans ce pays qui croient dans ce métier comme le groupe Nouvel Observateur dont l’économie sous-jacente est la production de toilettes électriques ou encore à l’instar du groupe Bayard Presse qui a su installer autour de son quotidien phare (La Croix) un cordon sanitaire fait de multiples magazines si possible rentables.

Tentons une réponse. Karl Lagerfeld qui était, voici quelque temps, venu à la télévision se défendre d’avoir dit du mal de François Hollande, avait dit quelque chose de pas mal : il faut produire des choses qui « donnent envie« . Travailler le goût, l’appétit des gens à l’égard de la bonne information, faire de bonnes couvertures (c’est si rare !), en voilà un chemin, une idée directrice qui se comprend d’emblée comme étant encourageante, porteuse d’efforts gratifiants. C’est ce que nous tentons de faire sur Les Soirées de Paris. Sans idée de lucre. Et d’une certaine façon, ça paie.

 

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5 réponses à Un répit de quelques jours

  1. Mazurier dit :

    Bravo Philippe pour ton edito. Tu as simplement oublié de parler d’une chose parce que tu es extrêmement modeste : l’immense travail que tu réalises tous les matins et tous les week-end pour que les Soirées de Paris nous fassent envie et plaisir chaque matin.
    Bonnes vacances à toi et à tes contributeurs

  2. de FOS dit :

    Si Les Soirées de Paris le retour ont de plus en plus de lecteurs, c’est parce que ceux qui y contribuent éprouvent la jubilation d’y participer et d’échanger.
    Alors oui rendez-vous en 2013, toujours avec le même plaisir !

  3. Bruno Sillard dit :

    Bande-annonce

    2012 dernière, allez, vas-y ça tourne.
    « Salvador Dali raconte qu’un jour des religieux étaient venus le voir afin de savoir pourquoi il avait peint des montres molles. Il affirme leur avoir répondu : parce que Jésus c’est du fromage ! ».
    Ca me fait penser à Malraux.
    Dali-Malraux, En cherchant bien…
    Mais non t’es con, je disais qu’en inaugurant la Maison de la culture d’Amiens, l’écrivain a lancé une formule qui restera célèbre : « …avant dix ans, ce mot hideux de province aura cessé d’exister en France. »
    Tiens, goûte ça : « le thé ZenZoo se boit dans une tasse aux allures de choppe et surtout, surtout, il se boit à l’aide d’une large paille … Cela se passe dans un restaurant et salon de thé taïwanais ».
    Tout à l’heure, le thé, ça va être à ton tour.
    Oui, que penses-tu de « on y entre par curiosité. On en ressort avec en tête un questionnaire dont on pas fini de cocher les cases. » Tu m’écoutes ?
    Attends j’écoutais ton voisin
    « Quand bien même l’un d’eux se désole d’«avoir la saudade». Imaginez-vous un peu une sociétaire de la Comédie-Française campant un petit cochon confessant «avoir la saudade», cette douce mélancolie mêlant regret du départ et quête du bonheur ».
    Bon moi je vais goûter de ce potimarron.
    « Figurez-vous qu’il décroche enfin du légume-primeur hivernal le plus prisé du jeune âge, récompense à laquelle son « Turlututu » de couvre-chef n’est assurément pas étranger. »
    Regarde : « Une petite fille rentre dans la boutique, elle doit avoir sept ou huit ans, elle court après un chat. Elle s’arrête, s’assoit devant un piano et se met à jouer merveilleusement bien. Le chat passe, elle descend de son tabouret. Vite, vite semble dire le chat pressé. Elle le suit et quitte le cabinet des merveilles. » Elle agite sa main : « bonnes fêtes tous! »

  4. catherine dit :

    Les soirées de paris, c’est la première chose que je lis le matin, cela me fait rêver sur ce que je pourrais prendre le temps de faire, cela me fait rêver tout court, cela m’a fait découvrir des livres, des recettes (merci Guillemette), des films, des expos. J’attends 2013 avec impatience. Bonnes fêtes!

  5. Debon (Mme) dit :

    Je prends goût à vos chroniques, merci.
    Pour le centenaire d’Alcools, il y a déjà une expo Apollinaire et la Méditerranée à la bibliothèque Méjanes d’Aix-en-Provence du 11 janvier au 23 mars. Et avec le même titre il y aura un colloque du 11 au 13 avril à l’université d’Aix-Marseille. Je vous invite d’ores et déjà à l’expo et si vous voulez des infos sur elle et sur le reste dites-le moi. Bien cordialement, Claude Debon

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