Les dessous de l’histoire à la parade

A l’époque du vertugadin, « regarder sous les jupes des filles » comme le chante aimablement Alain Souchon, n’aurait eu guère de sens. L’exposition intitulée « la mécanique des dessous » au Musée des Arts Décoratifs le démontre.

Le vertugadin était une robe ou une  jupe destiné à donner de l’ampleur aux hanches ou encore le mot désignait un bourrelet d’étoffe voué au même objectif. Si le regard tombait par accident dessus, il fallait encore de l’imagination pour se faire une idée de ce qu’il préservait.

Cette exposition s’intéresse aussi aux hommes et à ce qu’il convenait de porter sous le pourpoint ou l’armure parfois pour des aspects pratiques ou de confort, parfois pour gonfler l’apparence virile que ce fût au niveau des épaules ou du sexe. La braguette Renaissance notamment, en laissait accroire. Vu de 2013, cela peut paraître amusant encore qu’à bien regarder ce qui se vend aussi de nos jours, il convient de relativiser.

Dans le même ordre idée, lorsque l’on s’attarde devant l’impressionnante vitrine des « faux-culs », « queues d’écrevisses », « strapontins », et autres « tournures », sans compter les crinolines ou encore les jupons à baleines (soit une cage de lames d’acier intégrée), il y a de quoi rester songeur. Cela faisait de belles descentes de reins et longtemps, les hommes ont dessiné le dos des voitures haute époque de la même façon.

La mariée, Jean Paul Gaultier, Gaultier Paris, Haute couture, automne-hiver 2008-2009, collection « Les Cages » © Guy Marineau

De nos jours ce sont les grands couturiers qui ont récupéré cette mécanique souterraine pour l’exhiber en surface telle cette robe de mariée avec cage signée Jean-Paul Gaultier.

Autrefois l’on s’harnachait, aujourd’hui l’on s’accoutre, quelquefois l’on se déguise et rarement l’on se pare. Il est vrai que dans la plupart des cas, plus banalement on s’habille et l’entreprise, des plus simples, prend 10 minutes sans l’aide d’une camériste. Et si l’on ne s’habille plus, c’est juste pour enfiler un jean, voire une fringue ou une frusque. Le vocabulaire vestimentaire retrace toute une histoire.

C’est donc le propre de cette exposition que de nous interroger sur notre évolution, à l’heure du « thigh gap » (l’espace libre entre le haut des cuisses) qui fait dit-on l’obsession des jeunes femmes de maintenant.

Aspect de l’exposition « La mécanique des dessous ». Photo: PHB

Il reste à mettre au point une rétrospective de l’habillement décontracté. On sait ce qu’il en est aujourd’hui mais comment faisait-on à la Renaissance les jours de grande flemme ? Traînait-on près de l’âtre avec une ultime couche de dessous juste recouverte d’un peignoir et aux pieds des poulaines d’intérieur ? Sans doute que l’intimité avait plus de sens pour que l’on n’en sache si peu.

 

Jusqu’au 24 novembre.

 

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Une réponse à Les dessous de l’histoire à la parade

  1. de FOS dit :

    Voilà qui donne envie de se rendre à l’exposition qui retrace le chemin de la « gonflette » parcouru de haut en bas du vertugadin au wonderbra et wonderass…

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