Une carte postale des Antipodes

Franck Monnet. Bonne nouvelle, Franck Monnet est de retour. Ou plutôt en escale. Certains poètes disparaissent de nos écrans radars, puis de nos mémoires, et puis un jour on les croise chez Gibert ou aux Tuileries, on les entend à la radio depuis leur ferme auvergnate ou leur maison du bord de l’océan à Bénodet. Et puis il y a Franck Monnet.

L’auteur-compositeur-interprète des Embellies de mai et des Bancs en 2000, de La routine quatre ans plus tard, en personne. Il a cette fois attendu huit ans depuis Malidor pour se rappeler à notre bon souvenir. Fait dire que lui avait fait le grand saut, celui de l’exil en Nouvelle-Zélande. Impossible de faire plus loin.

Destination Waimarama, ou à peu près, vu d’ici c’est idem, en tout cas tel est le titre de son nouvel opus. Waimarama, donc, paradis du bout du monde, terre sauvage, comme un cocon loin de France. Mais on ne peut vivre éternellement d’amour et d’eau fraîche. Conduire à gauche, regarder passer les orques sur la plage, la montagne et la végétation luxuriante, le Haka des gars tout en noir, c’est bien. Mais miauler au public français de douces complaintes guitare en bandoulière, c’est pas mal non plus. Alors va pour un comeback, un retour de l’enfant prodigue, avec un album qui traîne nonchalamment « la nostalgie du présent » (Différents), où l’on picore « les miettes de notre bonheur » (Waimarama, morceau-testament pour clore la partition).

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Franck-Monnet-©-J-Mignot

On l’aime, bien sûr, cette carte postale des Antipodes. Franck Monnet est simple, sincère, il est le voisin de palier qu’on attend, le cousin chéri parti pour un grand voyage. On l’accueille avec plaisir, et on redécouvre au passage avec bonheur toute sa discographie, qui avait fini par prendre la poussière. Aucune esbroufe ici, Franck Monnet ne fait aucun effort pour plaire en flattant son auditoire. Un artiste qui se respecte vit certes de peu (Anorak), il ne promet pas la lune. Voilà donc un album à l’image de son maître d’œuvre, poli, pas prétentieux. En un mot, apaisé. Bientôt, Cap’tain Monnet remettra les voiles. Bon vent, et vivement la prochaine escale.

En concert vivement recommandé au Café de la Danse le lundi 2 juin

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Une réponse à Une carte postale des Antipodes

  1. Byam dit :

    Lundi 2 juin, retour du Café de la Danse, la rue de Lappe comme quand j’étais jeune, Paris la nuit, Bastille, si loin, si proche, la salle est bondée, Franck Monnet et son orchestre à deux têtes sonnent juste, émotion des Bancs, envie de voyager loin, loin …

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