Franz-Olivier Giesbert en amant multiple

L'amour est éternel tant qu'il dure. Couverture stylisée du livre de Franz-Olivier Giesbert (Flammarion). Photo: Les Soirées de ParisSur près de 360 pages, Franz-Olivier Giesbert a composé une longue variation sur la thématique amoureuse. Une longue ode à la vie qu’il a manifestement voulue plus proche du sexe, de la vie primale, que des sentiments. Le journaliste et écrivain a chaîné à travers ce roman manifeste qu’est « L’amour éternel tant qu’il dure » une ronde de personnages dont on se doute bien avant d’en être certain qu’ils sont liés ensemble par le désir, le dégoût puis le désir encore.

On peut bien dire journaliste et écrivain en parlant de Franz-Olivier Giesbert tant parfois le sens de l’actualité lui ressort par les doigts au point que le lecteur à l’occasion a l’impression de se retrouver au beau milieu d’une dépêche AFP traitant de terrorisme et de trafic de drogue en plein Sahara.

Il y a dans ce livre, ou plutôt dans l’avant-propos et sur la quatrième de couverture la mention convenue qui précise « toute ressemblance avec des personnages existant ou ayant existé… ». A vrai dire ce petit jeu qui semble dire « bonne chasse » au lecteur n’en trahit vraiment qu’un, l’auteur lui-même. Il est en effet partout, plus ou moins fantasmé. L’ancien patron du Nouvel Obs et du Point, est l’amant omniprésent, avec lequel il n’est d’ailleurs pas tendre. La plupart des personnages mâles ont l’âge des faiblesses liées à l’âge et s’essoufflent comme ils s’acharnent à chercher des étreintes à travers autant de femmes que nécessaire pour se sentir bien plus vifs que vivants.

Pour accompagner tous ces hommes, l’auteur met en scène une pléiade de femmes qui séduisent ou succombent. Elles vont, viennent, prennent, s’engagent, jettent ou rejettent tandis que leurs compagnons d’un soir ou d’une vie ont des qualités moins constantes malgré certaines manifestations de courage et quelques flamboiements. La force, sous la plume de Franz-Olivier Giesbert serait plutôt du côté des femmes. Elles sont en général l’objet du désir et tout comme dans certains arts martiaux, elles savent détourner l’énergie de leur compagnon à leur avantage. On sent bien que dans sa vie (il est né en 1949) Franz-Olivier Giesbert a dû prendre quelques beignes bien senties. Mais on le sent beau joueur.

"L'amour est éternel tant qu'il dure". Le dernier roman de Franz-Olivier Giesbert paru chez Flammarion. Photo: Les Soirées de Paris

« L’amour est éternel tant qu’il dure ». Le dernier roman de Franz-Olivier Giesbert paru chez Flammarion. Photo: Les Soirées de Paris

L’auteur en tout cas ne manque pas de souffle même s’il prend au lecteur l’envie de faire quelques pauses entre deux accouplements rarement effectués dans l’eau tiède ou après nombre baisers à pleine bouche dont la saveur est décrite en détail comme des grands crus de Bordeaux. C’est en effet ce qui pourrait lasser sans compter une séquence zoophile que l’écrivain déconseille aux âmes sensibles par un avis préalable.

Mais comme au mitan d’une randonnée ou au beau milieu d’un dix huit trous, le lecteur repart de l’avant aiguillonné par la curiosité. La plume de Franz-Olivier Giesbert est suffisamment vive et son sujet nous titille là où cela nous grattouille. On chemine donc jusqu’au bout. Le livre s’achève un peu à la manière des génériques de film avec le défilé des titres de la bande-son. Et il nous donne enfin l’envie d’en fumer une après une telle livraison.

Flammarion, avril 2014. 20 euros.

 

 

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