Louis d’or

Image issue du site de Louis CapartUn lundi de février, Louis Capart avait rendez-vous avec ses spectateurs au bien nommé Vingtième Théâtre, dans ce quartier de Paris qui l’a vu naître il y a quelques décennies. Que de voyages accomplis depuis, par l’auteur-compositeur-interprète et par son public, transportés sur tous les océans !

Pas un siège n’est resté vacant ce soir-là pour ce nouveau périple, de Berlin à l’Ile de Sein ou à Loguivy-de-la-Mer. Jusqu’ici, en bord de Seine, l’artiste fait mouche. Distingué par l’Académie Charles Cros et par la Sacem, l’homme est pourtant d’une grande discrétion. Parfaite tête de barde celte, longue chevelure et barbe broussailleuse de rigueur, une voix douce et une guitare, Louis Capart partage avec générosité et sincérité une production si mélancolique. D’une mélancolie qui donne la force d’avancer et de regarder droit devant. C’est simple et touchant. Les chansons parlent de rencontres au coin de la rue ou au bout du monde, d’amitié indéfectible, de fidélité amoureuse. « J’ai le temps de regarder passer les années » assure celui qui clame son respect pour Léo Ferré. Pas de paillettes donc dans ce répertoire, pas de poing levé non plus, Louis Capart est calme et tranquille, il n’aspire qu’à un bonheur simple : « Qu’enfin ma paresse jubile / d’avoir le repos courageux ».

Image issue du site de Louis Capart

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Mais tombons le masque, Louis Capart est bien aussi, dans le plus sincère respect de ce qui précède, le chantre d’un « pays éternel », entendez la Bretagne. Piloérection, chair de poule, donc, chant d’amour offert à tous par ce libre goéland si fin observateur. D’Héritage sénan à Marie-Jeanne Gabrielle, ces deux hymnes officieux de l’Ile de Sein, d’Exil à La prière du non-marin, Louis Capart soigne le mal de mer, et nous survolons à ses côtés « les toits d’ardoise des cités ». Ici « l’averse de printemps » est bien « généreuse », car elle « vient nourrir nos champs ». Il paraît même que l’« on dit à Paris / qu’il est beau le pays / des marins d’Ile de Sein ». Nul spectateur, ce lundi soir de février, ne pouvait contredire cette promesse. Foi de Finistérien.

Bon voyage …

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