Théâtre en liberté

Scène de Roméo et Juliette. Source image: ARTE« J’ai volé par dessus le mur grâce aux ailes légères de l’amour ». Sacré Roméo tout de même, jamais dans la demi-mesure pour séduire Juliette. Qui n’en demande pas tant. Le couple romantique par excellence, uni jusque dans la mort, donc, virevolte ici en compagnie de leurs familles dans le somptueux décor des carrières d’ocre du Luberon, tantôt dans les galeries à la lumière d’une bougie, tantôt au milieu de grands canyons brulés de soleil. La mise en scène est vive, percutante, moderne dira-t-on, des chorégraphies prennent agréablement le relais d’un texte intemporel. Mais attention, nous ne sommes pas ici assis dans la salle d’un théâtre, mais devant notre écran de télévision. Merci qui ? Merci Arte.

Pour Roméo et Juliette, rendez-vous le 31 juillet. Mais, quel bonheur, la pièce n’est pas seule. La chaîne nous propose en effet cet été de découvrir sous la couette ou les pieds sur la table basse du salon sa « Collection Théâtre ». Une réussite.

L’idée fondatrice est simple, confier à des réalisateurs  le soin de concocter des téléfilms à partir de pièces jouées ces dernières années en France, en embarquant dans l’aventure de la transcription sur petit écran la troupe de comédiens de théâtre. En l’occurrence, d’après la pièce donnée à Chaillot en 2012 pour Roméo et Juliette, cette dernière restant campée de façon admirable par Sara Llorca.

Au menu de la Collection Théâtre d’Arte, 8 œuvres du 19 juin au 7 août. Soit tous les jeudis soirs, le lever de rideau ayant donc lieu ce soir même. Un programme riche et varié, du répertoire contemporain au classique, du léger au tragique. Bien vu, cette sélection exigeante de la récente production théâtrale française, qui nous offre à voir le théâtre en plein air et en liberté.

"Que d'amour". Source image: ARTE

« Que d’amour ». Source image: ARTE

A la baguette pour la télévision, on voit passer Valérie Donzelli, avec la troupe de la Comédie Française dans « Que d’amour », d’après « Le jeu de l’amour et du hasard » de Marivaux, c’est frais et vivifiant. Prend également les commandes Arnaud Desplechin pour « La forêt d’Alexandre Ostrovski », de nouveau en compagnie de la Comédie Française (Ah ce duo de comédiens joués par Denis Podalydès et Michel Vuillermoz !). Une forêt qui nous plonge dans la Russie du 19e siècle, les propriétaires terriens s’ennuient dans leur grande maison à la campagne … on ne manquera pas par ailleurs « Le système de Ponzi », de Dante Desarthe d’après la pièce de David Lescot créée aux Abbesses, toujours ici avec l’impeccable Scali Delpeyrat, ou encore « Les amis à vendre », une farce grinçante irrésistible, on rit, mais jaune, c’est méchant, à désespérer de la nature humaine.

Je me suis trop avancé dans le catalogue, je poursuis tant le projet est réussi. Sans esbroufe, la « collection » nous trimballe à travers les siècles et les genres. Elle passe par « Le père », la si touchante pièce de Florian Zeller avec Isabelle Gélinas et Robert Hirsch, ici simplement « captée » au Théâtre Hébertot, avec quelques simples effets pour le petit écran. Last but not least, comme justement un hommage parfait au théâtre, à sa capacité à nous transporter, Ariane Mnouchkine nous offre « Les naufragés du fol espoir ». Une merveille pour clore le voyage, un copieux dessert dont on ne perdra pas une miette.

Image extraite du "Système de Ponzi". Source image: ARTE

Image extraite du « Système de Ponzi ». Source image: ARTE

 

 

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2 réponses à Théâtre en liberté

  1. person philippe dit :

    Je ne comprends pas le principe… Sont-ce des « simples » captations ou autre chose ?
    S’il s’agit de « captations », il y a des « vrais » réalisateurs télé/théâtre qui font ça très bien… et sans doute – hélas- pour moins cher… Alors pourquoi ceux-là ? Leur assurer un bon salaire dans une discipline qu’ils ne maîtrisent pas ?
    S’il s’agit d’une « mise en espace  » je doute de leur savoir-faire doutant déjà de leurs qualités dans leur « domaine »… Des réalisateurs académiques pour retrouver le bon vieux « théâtre filmé » d’antan ?
    Connaissant la liste des « happy few » Arte, j’ai un peu de mal à trouver la série « alléchante »… J’y vois l’habituel recyclage des copains, principe de toujours des « collections Arte »… Zeller derrière une caméra ? Oxymore ? Donzelli sortie de son narcissisme bobo ? Et que dire de Desplechin et du théâtre ? Il suffit de se rappeler de sa terrible « Esther Kahn »…
    Enfin, bon… J’ai décidé de ne pas regarder le Mondial de foot, je me mets aussi un auto-carton rouge pour ne pas regarder cette série… J’irai au théâtre à la place…

  2. Byam dit :

    Merci cher person philippe de votre réaction. Vous ne comprenez pas le principe mais décidez d’éviter. Il s’agit bien de « théâtre filmé » pour Le Père, pas pour les autres qui sont bien des téléfilms (Les Naufragés du Fol Espoir présentant une sorte de mélange des genres). Bonnes soirées à l’orchestre …

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