Let me dream among the planes

Le Bourget affiche son centenaire. Photo: Les Soirées de ParisVu la taille de certaines pièces, le musée a dû les installer dehors. Il est vrai qu’il serait compliqué de caser une fusée Ariane ou encore un Boeing gros porteur dans le Musée de l’Air et de l’espace, déjà bien occupé. Aérodrome en 1914, aéroport quelques années plus tard, le Bourget a saisi l’occasion d’un centenaire pour inciter au déplacement. Et c’est toujours aussi bien.

A plus d’un titre, le temps d’une visite au Bourget est enthousiasmante. D’abord parce que c’est grand. A six kilomètres de la Porte de la Villette, on respire d’autant mieux que le terrain est grand et que cela fait toujours plaisir de retrouver un peu de perspective par rapport à Paris où l’on a toujours l’impression, entre deux immeubles, de se déplacer au fond d’un canyon.

Voilà un bien bel aéroport de plain pied, une bien belle longère comme on les aime en Picardie sauf que celle-là puise tout son style dans ces miraculeuses années 20 où l’on savait construire avec talent. Voilà. Avant même de pénétrer dans le musée, juste après l’entrée à gauche, il fait bon être là sans se cogner partout dans les angles. Là où la caravelle passe, l’homme se délasse.

A propos de Caravelle, le bel avion des années chics, regrettons qu’il n’y en ait pas, à part un museau mais pas de carlingue, pas d’ailes, pas d’empennage. Quel bel avion c’était et nous n’en avons là qu’un petit bout comme un membre d’oiseau rare dans un bocal de muséum d’histoire naturelle. Dans le même ordre idée il eût été bienvenu d’avoir au moins un Fouga Magister, ce génial avion école. Il y en avait trois sur le parvis auparavant, présentés comme en plein vol, mais ils ont été remplacés par des copies. Et là encore il est bien dur d’admettre qu’au sein du musée  il n’y a qu’un bout de Fouga, une part de galette, juste un cockpit.

Réacteurs de Concorde. Musée du Bourget. Photo: Les Soirées de Paris

Réacteurs de Concorde. Musée du Bourget. Photo: Les Soirées de Paris

A part ces deux lacunes, au Bourget c’est la fête. Des avions il y en a partout, dehors et dedans. Une visite complète et minutieuse doit représenter certainement plusieurs kilomètres à pied tant l’espace requis est nécessaire. Dehors on trouve un gros Boeing, des fusées, des avions de chasse (Jaguar, Rafale…) et deux Concorde logés dans un hangar. Moyennant un ticket payant car la visite générale est gratuite, on peut grimper à bord du Concorde et se rendre compte à quel point l’espace dévolu aux passagers et même aux pilotes était étroit. Mais quelle gueule et même, si l’on peut dire, quels beaux réacteurs. Le ticket spécial autorise également la découverte, outre celle d’un Boeing, d’un Dakota, appareil militaire utilisé lors du débarquement.

Les appareils militaires ont la part belle avec de magnifiques spécimens (impressionnant P17). Certains sont relativement récents comme les Phantom ou les Mystère qui signent les débuts prometteurs des engins d’intervention à réaction, mais le musée plonge bien plus loin dans l’histoire de la guerre, son histoire, avec des appareils de la Grande Guerre. A cette époque l’armée française avait une aviation et se permettait de fournir les américains qui n’en avaient pas. Les temps ont changé.

Il y a aussi des avions civils qui ont fait les belles heures du Bourget dont un bel exemplaire qui n’est pas sans rappeler un modèle dessiné dans « Porco Rosso » le sublime film quoique beaucoup moins connu que les autres de Miyazaki, le cinéaste japonais  qui a montré plus d’une fois son amour pour les machines volantes.

Monter dans un de ces aéronefs sur le tarmacadam du Bourget et boire du champagne en attendant de rejoindre New York ce devait quelque chose. A ce propos il faut noter la magnifique restauration du hall d’embarquement avec ses deux comptoirs « arrivée » et « départ ». On devait forcément y respirer plus fort. Il est possible d’admirer cet endroit depuis le sol et de changer un peu les perspectives en empruntant les coursives qui montent dans les étages dans un style accès aux plongeoirs de piscine haute époque. Ce musée fait rêver même s’il y a forcément quelque chose d’un peu lugubre à regarder ces machines à jamais figées au sol.

On songe alors à un ancien pilote tombant du ciel avec ses mécanos, qui aurait recalé sans trop de peine dans sa carlingue un moteur neuf cylindres en étoile Snecma BMW actuellement exposé, ouvert en douce les grands vantaux du hangar et pris la fuite tout simplement, de nuit, pour le seul plaisir d’aller de nouveau prendre un bon bol d’air, comme nous via le bus 350 ou en scooter de chasse, direction le Bourget toutes affaires cessantes.

Un tour en Fouga avec l’auteur de ses lignes?

Une partie du hall d'embarquement rénové. photo: Les Soirées de Paris

Une partie du hall d’embarquement rénové. Photo: Les Soirées de Paris

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