Philippe Caubère retombe en enfance

Philippe Caubère. Photo: Michèle LaurentQuelle merveille que ce spectacle ! Seul sur les planches du Théâtre de l’Athénée, un génial auteur, metteur en scène et comédien donne vie à de multiples personnages. Il saute, danse, chante, nous faire rire, pleurer. Trois heures durant (hors entracte), c’est une tornade, emportant le spectateur ébahi. Philippe Caubère le Marseillais est de retour à Paris, et c’est un pur bonheur.

Soit donc un monstre fascinant se mettant à nu, à nouveau, rejouant sa vie réelle et rêvée. Car La Danse du Diable, créée, non, pardon, initialement improvisée en 1981, n’est que le premier épisode d’une longue saga écrite par Philippe Caubère depuis plus de trente ans. Je m’en veux d’avance, je vais entrer dans l’intimité de la pièce, lever un petit coin du voile, je n’aime pas ça, c’est au spectateur de le faire. Tant pis, quoi qu’il en soit vous ne pourrez éviter la claque.

Le comédien, donc, retrace ici sa jeunesse, ou plutôt celle de son alter ego Ferdinand Faure, au premier chef par le biais du personnage de sa mère. Cette dernière est le fil rouge, qui voit son enfant, son bébé, grandir et devenir jeune adulte, elle semble dépassée mais s’accroche. Ferdinand croise Robert ou Madame Colomer, proches anonymes, mais aussi de Gaulle, Johnny Hallyday ou Jean-Paul Sartre. Du Pont Mirabeau de Guillaume Apollinaire au Parc Borély de Marseille, Philippe Caubère passe avec gourmandise de l’un à l’autre au sein de cette galerie de personnages. La passion de Philippe Caubère est intacte, son plaisir communicatif. De la première à la dernière scène, deux moments d’ailleurs particulièrement poignants, le spectateur est en apnée dans l’univers du caméléon qu’est Philippe Caubère.

Cette Danse du Diable est donc un morceau de bravoure. Le texte, le scénario si j’ose dire, déjà, est étonnant, magique. Mais le voilà servi comme du caviar par son auteur même, qui n’est pas avare de bon jeu. Philippe Caubère est un maître, il en fait des tonnes mais avec légèreté, interpelle le public. Il est Cyrano et Tartuffe, Don Quichotte et Peter Pan, doux et violent, poli et grossier. Le comédien change sans doute un peu son texte chaque soir. Qui pourra l’en empêcher ? Sur scène, il est seul, il est le roi.

Jusqu’au 7 décembre

Philippe Caubère. Photo: Michèle Laurent

 

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2 réponses à Philippe Caubère retombe en enfance

  1. Frédéric MAUREL dit :

    J’ai vu ledit spectacle il y a 15 jours (car je me souvenais l’avoir vu – Caubère – il y a quelques années évoquer avec autant de force que de grâce Nimeño II / dans un autre monologue !) mais, ne l’ayant pas (déjà) vu il y a 30 ans, j’ai été un peu déçu par cette prestation qui, pour moi, était trop longue et trop « pro-insider » / et surtout, les entractes, ça me gâche le plaisir…
    Oui, il y a de belles scènes, certaines mêmes sont magiques, mais réduit à 2h15 ou 2h30 sans entracte (ne retirer aucune scène mais les délayer un peu moins), ça aurait eu plus d’uppercut !

    • Benoît dit :

      Merci Frédéric pour votre commentaire, vous parvenez à être déçu par ce spectacle, ce n’est pas rien, c’est même très fort … il n’arrête pas, comment « délayer un peu moins » ?

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