Le nouveau spot des Batignolles

Aspect du jardin Martin Luther King. Photo: LSDPLa faune des jardins parisiens, comme sûrement un peu partout dans le monde d’ailleurs, inclut l’espèce courante des exhibitionnistes. Le parc Martin Luther King aux Batignolles, qui a reçu en 2014 une nouvelle tranche de sa surface à venir, leur offre une disposition extraordinaire. Du haut des escaliers qui surplombent l’entièreté du parc, on a pu prendre sur le fait un exhibitionniste ayant passé son sexe par l’un des trous du grillage mais qui au surplus, pouvait le mirer dans l’eau du bassin en contrebas.

Pour les personnes atteintes du syndrome d’apodysophilie (le terme savant pour l’exhibition), ce n’est pas un pic mais un spot de tout premier choix.

L’échéancier d’aménagement de ce très beau parc court depuis 2008 jusqu’en 2018. Une longue allée de 2,2 hectares a été récemment aménagée, qui court jusqu’aux boulevards extérieurs. Depuis le haut des escaliers on peut profiter d’une nouvelle perspective de plantations sur fond de grues tout à l’aménagement du vaste chantier des Batignolles.

C’est un bel endroit, aménagé aux normes écologiques en vogue avec notamment un fossé humide et une belle pièce d’eau artificielle appelée bassin biotope qui fait très naturelle. Canards et canetons à plumes autant qu’à poil en profitent, indifférents à l’exhibitionniste qui, cet après-midi là, attendait le client.

Parc Martin Luther King, la nouvelle vue depuis la passerelle. Photo: LSDP

En 2018, avec 3,5 hectares supplémentaires, la surface totale du Parc Martin Luther King totalisera dix hectares occupant notamment l’ex-halle à marchandises de la gare des Batignolles.

On sortant par la rue Cardinet, on retrouvera un peu plus loin sur la gauche le très « vintage » square des Batignolles resté dans son jus Napoléon III. Bien plus petit que son nouveau voisin américain, il regorge de charmes à chaque recoin de ses allées, chaque creux d’eau, chaque niveau de sa petite rivière, le tout à l’ombre d’arbres vénérables.

Il a son allée Barbara, car la chanteuse disparue en 1997 est née juste à côté, rue Brochant, il dispose de sa serre, de son kiosque et de son manège haute époque.

Ici on reste sagement sur son banc car les pelouses sont interdites. Ce lundi de mai, deux jeunes filles se partageaient un déjeuner tandis que deux canards les regardaient du coin de l’œil, couchés dans l’herbe fraîche à moins d’un mètre. Les deux jeunes filles s’étonnaient du manque de timidité des deux canards mais dès qu’elles furent parties, leur déjeuner avalé, la femelle canard s’en alla récupérer une frite qu’elle avait dû repérer depuis longtemps. Un arrêté idiot recommande de ne pas nourrir les oiseaux mais les canards ont la vue trop basse pour lire l’écriteau. Cependant, si les palmipèdes des Batignolles goûtent la frite c’est précisément parce qu’ils sont des Batignolles.

Ce square-là en a vu bien d’autres, son espace est éprouvé par le temps. Les pervers exhibitionnistes peuvent bien montrer ce qu’ils veulent aux passagers des trains qui vont et viennent depuis Saint-Lazare, l’ordonnancement général du square des Batignolles n’en sera pas troublé. Tandis que chez  son grand voisin, le jardin Martin Luther King, rien n’est encore bien calé.

PHB

Vue des premiers aménagements du parc Martin Luther King au sud. Photo: LSDP

Vue des premiers aménagements du parc Martin Luther King au sud. Photo: LSDP

Le parc Martin Luther King. La faune près du bassin. Photo: LSDP

Le parc Martin Luther King. La faune près du bassin. Photo: LSDP

 

 

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