Larry Gagosian, les contre-effets d’un « must »

Larry Gagosian, « le » galeriste, s’installe à Paris. C’est une actualité majeure à en juger par les retombées presse. Sa réputation de marchand d’art à succès (ayant débuté par la vente de posters sur les campus américains etc…etc…) le précède tellement que son seul nom est à même de déclencher une conversation entre gens avertis.

Son patronyme est partout et la République lui a même remis cette semaine la légion d’honneur, via Frédéric Mitterrand et « à la demande de Nicolas Sarkozy » souligne le Point.

Toujours est-il que l’endroit est ouvert depuis le 20 octobre du mardi au samedi de 7 heures à 19 heures et…qu’on se le dise.

L’endroit est assez discret, soustraction faite de l’enseigne perpendiculaire. Mais pour peu que l’on suive le fil de ses pensées on peut rater le 4 rue de Ponthieu. Ce n’est certes pas le volume et la magnificence du magasin Louis Vuitton perché plus haut sur les Champs-Elysées. Le seul risque au fond que l’on court à entrer chez Larry Gagosian est d’être un peu déçu : c’est l’effet contre-productif d’une bonne campagne de presse.

Mais ce petit malaise (lié à la dépressurisation) dissipé, on apprécie l’absence d’ostentation des lieux et la simplicité du choix dans les effluves de peinture fraîche. Un seul artiste, Cy Twombly, occupe la pièce sous verrière. Et euh…à ce propos, il convient de préciser qu’il a lui aussi été fait chevalier de la légion d’honneur par Frédéric Mitterrand.

Bourrées de vitalité et de magnétisme mais chiches en charmes les grandes toiles de Cy Twombly vous pousseront peut-être à gagner rapidement le premier étage pour y trouver des œuvres du très polyvalent Jean Prouvé. L’atmosphère y est nettement plus reposante, on peut y découvrir des structures, des plans, des maquettes, des vidéos et même une lettre de Le Corbusier.

Le carton (réussi) de l’exposition, photo: PHB

Pour conclure sur le lieu, le mieux serait de ne pas être au courant de l’actualité, de ne pas savoir qui est Larry Gagosian, d’arriver là les mains dans les poches au pas digestif et d’entrer en imper de comptable et par curiosité.

Et là peut-être on rentrerait alors au bureau en disant à ses confrères ou collègues, « je suis entré tout à l’heure dans un endroit totalement étonnant, figurez-vous que… »

Galerie Gagosian, 4 rue de Ponthieu 75008 Paris

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