S’en aller sur les routes entre 1904 et 1905, en automobile Charron, nécessitait l’emploi d’un chauffeur-mécanicien. Ne serait-ce que pour réparer, faire le plein de Motricine (futur carburant Mobil) et partager les aléas tout comme les bénéfices du voyage. L’engin, très exactement baptisé Charron-Girardot et Voigt, filait jusqu’à 55 kilomètres heure en pointe et c’était suffisant pour se prendre une amende, ainsi que le raconte Octave Mirbeau (1850-1917) dans son très insolite ouvrage titré « 628-E8 ». Il n’est pas rare de numéroter une œuvre si l’on songe par exemple au « IKB-3 » désignant le bleu monochrome de Klein, mais la simple reprise d’une immatriculation est inédite sinon rare. En 1907, quand son roman qui avait tout d’un ovni, parut, l’obligation d’immatriculer était toute récente en même temps que le pays se goudronnait lentement. Octave Mirbeau et son chauffeur Louis Eugène Charles Brossette en écrivirent l’ensemble, l’un au stylo l’autre au volant. Le premier était dreyfusard, l’autre anti-dreyfusard, mais ils cheminèrent néanmoins comme deux complices, quittant bientôt la France pour la Belgique, l’Allemagne puis la Hollande. Et quand l’automobile manifestait sa bonne humeur par des bruits mécaniques appropriés, Brossette se tournait vers Mirbeau lui disant « c’est la machine Monsieur, elle va comme un ange! » Continuer la lecture
Archives
Catégories
- Anecdotique
- Apollinaire
- Architecture
- art
- BD
- Cinéma
- Danse
- Découverte
- Documentaire
- Enchères
- Essai
- Exposition
- Gourmandises
- Histoire
- Humeur
- Jardins
- Livres
- Mode
- Musée
- Musique
- Non classé
- Nouvelle
- Peinture
- Philosophie
- Photo
- Poésie
- Politique
- Portrait
- Presse
- Publicité
- Radio
- récit
- Sciences
- Société
- Spectacle
- Style
- Surprises urbaines
- Télévision
- Théâtre
Recevez une alerte à chaque parution (3 fois par semaine)








