Une pluie plus irritante que rafraîchissante à Edouard VII

Comme s’il en pleuvait ! Tout un programme en cette période de pluie torrentielle et autres tornades. Le Théâtre Edouard VII ne nous promettait pas une pluie rafraîchissante pour le corps comme pour l’esprit, mais une débauche de billets de banque, digne de la plus endiablée des parties de Monopoly. Les deux têtes d’affiche, Pierre Arditi et Evelyne Buyle, laissaient espérer un spectacle de qualité, un instant de bonheur en pleine crise mondiale. Il n’en fut rien.

Un scénario digne d’un enfant de maternelle, un texte d’une pauvreté affligeante au vocabulaire réduit à sa plus simple expression, sans compter l’usage du mot de Cambronne et autres grossièretés, amplifiés par le jeu sans aucune finesse de Pierre Arditi. Un décor neutre, une mise en scène inexistante…. Et pourtant,  n’est-ce pas le plus triste, une grande partie des spectateurs rigolent (le verbe rire ne semble pas adapté en la circonstance) à gorge déployée. Or, au regard du prix des places, le spectateur moyen serait enregistré en CSP++ par nos sondeurs. Ces mêmes hommes et femmes qui dirigent notre pays et nos entreprises. Faut-il qu’ils soient en souffrance pour s’égosiller sur un nanar pareil ?

Si le thème de l’argent est universel,  au moins aurait-il mérité d’être mieux traité ! Que faire de ces grosses coupures qui par inadvertance pleuvent sur votre canapé ? Les rendre ? Mais à qui ? Alors, les dépenser paraît la bonne solution. Bonne manière de faire de la publicité (gratuite ?) pour tous les acteurs du luxe de la Place. Pourtant, le Comité Colbert n’était pas à l’affiche… Et là, j’arrive à l’unique moment de la pièce où un sourire s’est esquissé sur mes lèvres….. le lancer de sac Vuitton par la fenêtre ! Ah ! Quel instant de jouissance pour Pierre Arditi ! Faut-il y voir un règlement de compte, ou bien imaginer une lecture au second degré ?

Quoi qu’il en soit, voir Pierre Arditi baigner dans le luxe, se goinfrer de caviar, n’est pas sans dérision. Lui, l’homme de gauche, s’affirme en la circonstance le représentant de la gauche dite « caviar ».

Reste à espérer que Pierre Arditi et Evelyne Buyle trouvent à l’avenir un texte à la hauteur de leur talent.

Le mot de la fin sera pour ce spectateur, qui, hélé par l’ouvreur lui proposant d’acheter le texte de la pièce, répondit : « Ah, il y a un texte ! », provoquant l’hilarité autour de lui. Ite missa est !

Au Théâtre Edouard VII

 

 

 

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