Mareye « si douce, étourdie et charmante »

"Une muse d'Apollinaire à Stavelot", par Fanchon Daemers. Photo: Les Soirées de ParisUn peu bêtement il faut bien le dire, les adultes font souvent montre d’une indulgence moqueuse à l’égard des premières émotions amoureuses de leurs enfants. Rien de tel pour Guillaume Apollinaire cependant, lorsqu’il s’éprend de Maria Dubois durant l’été 1899 à Stavelot, dans les Ardennes belges. A travers une série de cartes postales, un petit livre qui vient de sortir, donne de nouveaux visages à celle que l’on appelait aussi Mareye.

On ne connaissait qu’un seul visage de cette Maria Dubois, à la fois visible au musée de Stavelot et également dans l’album de la Pleiade.  L’auteur d’une « Muse d’Apollinaire à Stavelot », Fanchon Daemers, a enquêté autour d’une série de cartes postales pour lesquelles Maria et ses sœurs ont posé en 1902, série destinée à illustrer la vie ardennaise en général et ses paysannes en particulier.

On peut comprendre que Guillaume Apollinaire soit tombé amoureux de cette jeune et jolie femme à peine plus jeune que lui et qui décèdera très tôt en 1919. En 1899 elle n’a que 18 ans et Guillaume Apollinaire 19. Lui et son frère Albert ont été plaqués là par leur mère partie assouvir sa passion du jeu dans les casinos environnants. Il est poète, il est libre. D’elle il écrira qu’elle « était très douce étourdie et charmante/Moi je l’aimais d’amour m’aimait-elle qui sait ?/Je revois parfois à la lumière tremblotante/Des lointains souvenirs de cet amour trépassé ».

Ce livre ne nous en apprend pas davantage sur cette liaison amoureuse mais nous enseigne la vie de cette Maria et de ses sœurs dans cette province wallonne où la vie était souvent âpre. On y apprend notamment qu’elle a fait du théâtre et que c’est peut-être cette notoriété qui lui valut d’avoir été choisie pour illustrer des cartes postales.

Maria Dubois telle que publiée dans "Une muse d'Apollinaire à Stavelot", par Fanchon Daemers. Photo: Les Soirées de Paris

Maria Dubois telle que publiée dans « Une muse d’Apollinaire à Stavelot », de Fanchon Daemers. Photo: Les Soirées de Paris

Mais c’est surtout Guillaume Apollinaire qui lui a donné une forme d’éternité qui se prolonge encore avec ce livre. Maria Dubois lui a inspiré des poèmes dont un magnifique en wallon que les Soirées de Paris ont publié dans le cadre d’un petit reportage à Stavelot.

Cet amour de jeunesse nous interroge immanquablement sur les nôtres, sur les bancs du lycée par exemple, dont on ne soupçonne pas toujours à quel point ils guident encore nos pas.

 

Edité par l’Association Internationale des Amis de Guillaume Apollinaire et que l’on peut se procurer à l’adresse suivante : aiaga.secretariat@gmail.com

 

 

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2 réponses à Mareye « si douce, étourdie et charmante »

  1. jmcedro dit :

    L’émoi de Guillaume pour Maria a tout pour nous émouvoir à notre tour : fraîcheur des engouements de jeunesse, brièveté, voire tragique de l’affaire (avant même sa consommation, probablement?), disparition prématurée de l’aimée, le tout dans un décor agreste…
    Cela valait bien un livre, et un reportage à Stavelot.

  2. Steven dit :

    Aoh love is alla round

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