D’un étage à l’autre

Une des oeuvres exposées à la galerie "d'un livre l'autre". Photo: Les Soirées de ParisLes escaliers qui mènent à la galerie trahissent l’âge de l’immeuble. La bâtisse remonte au 17siècle ou même peut-être plus loin encore, ce qui ne serait pas étonnant dans ce troisième arrondissement si riche en demeures d’un autre temps. D’implantation assez récente en revanche, la « Librairie galerie un livre l’autre », se situe au 2 rue Borda à une bordée des Arts et Métiers. Elle fait dans le livre ancien au rez-de-chaussée et dans l’art à l’étage. Une découverte.

Bien sûr on peut y entrer pour les livres et s’étonner de la présence d’une galerie d’art ou inversement. Emile Brami avance que les deux activités se complètent mal et qu’au train où vont les choses il finira hélas par ne plus vendre ses romans anciens que sur Internet ce qui profitera à l’espace dévolu à l’art dit « brut ». Ne nous lassons pas au passage de souligner le caractère toujours douteux de ce qualificatif dans la mesure où il sous-entend l’accident et non le prémédité. Depuis son invention malheureuse par Dubuffet, ce vocable tendant à contenir certains artistes à la marge, a hélas taillé sa route.

Emile Brami. Photo: LSDP

Emile Brami. Photo: LSDP

Emile Brami que sa fiche Wikipédia présente comme un écrivain, essayiste, dramaturge et libraire français né le 19 avril 1950 à Souk El Arba (Tunisie), se trompe sur cette absence de complémentarité entre les deux niveaux. Du moins pour le visiteur, pour qui il est bien agréable de satisfaire sa soif de curiosité aux deux comptoirs, livresque et artistique.

Notamment auteur d’une biographie de Céline, Emile Brami a multiplié les expériences dans l’édition, pour ne pas dire des aventures, comme le relate très bien Grégoire Leménager dans un article publié sur Bibliobs (1).

Pour l’heure, après la rue Bréa, l’homme qui s’est un moment « cru peintre », a donc fait escale rive droite avec sa compagne (Agnès Roby-Brami, par ailleurs directeur de recherche à l’Inserm) rue Borda. Leur sélection d’œuvres d’art mérite une escale planifiée. Dans cette atmosphère si favorable au regard, l’on découvre des artistes étonnants comme Mario Chirorro, Andrew Hall, Léon Levkovitch ou encore James Allen, Jean-Pierre Nadau et David Victor Pierre.

C’est tout le bénéfice d’une sélection témoignant à l’évidence d’un goût très sûr et qui nous repose de ces foires à l’art brut d’où l’on ressort parfois quelque peu sonné par le nombre. A la galerie de la rue Borda, on apprécie le raffinement des dessins, peintures, formes sculptées, tout comme la juxtaposition intelligente des auteurs.

Tout n’est pas à vendre car Emile Brami expose quelques remarquables éléments de sa collection personnelle. Mais les amateurs et acheteurs pourront y trouver de quoi terminer la journée par une aubaine. Les autres seront déjà bien heureux d’avoir pu consommer sur place.

Lire le portrait d’Emile Brami sur Bibliobs.

Un aspect de la librairie/galerie "d'Un livre l'autre". Photo: Les Soirées de Paris

Un aspect de la librairie/galerie « d’Un livre l’autre ». Photo: Les Soirées de Paris

 

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