Burt Lancaster is swimming home

En ces températures hivernales, ignorant lâchement l’appel insistant de votre piscine préférée, allez au moins voir, la douche n’est pas obligatoire, « The Swimmer », l’étrange et beau film de Frank Perry. Réalisé en 1968, le film ressort sur écran et fait partie de cette production « maudite » issue des marges de l’industrie hollywoodienne de ces années-là.

Malgré quelques embûches, Ulysse parvient à rejoindre son Ithaque. Ned Merrill, le personnage principal, interprété par un sublime Burt Lancaster, est, lui, plus proche de la chanson de Dylan, « Like A Rolling Stone ». Pourtant cet homme à la fleur de l’âge, la cinquantaine sportive, n’est pas tout à fait « with no direction home ». Il s’est donné une ultime route, un dernier fleuve à remonter pour retrouver un possible chez soi.

Un parcours poétique pour les uns, un délire pour les autres. En tout cas une sorte de révélation, « I swimming home ». Ned Merrill a conçu le projet de rentrer chez lui en nageant de piscine en piscine dans ce quartier très résidentiel où demeurent ses anciens amis et voisins.

 Raison pour laquelle Burt Lancaster sera seulement vêtu, du début à la fin du film, d’un simple maillot de bain. « Le roi est nu », enfin presque. Et ce n’est pas une idée géniale de la production inventant une économie appréciable sur le poste costumes.

Chaque bain est en effet l’occasion de revenir sur un fragment de l’existence de Ned Merill. Restera-t-il quelque chose de ses « misérables petits secrets » ?

Confronté à son passé, l’athlète au corps agile se décomposera, sous les assauts de la mauvaise foi, de l’inauthenticité, en une sorte de « nageur pénitent » dépouillé peu à peu de toutes ses certitudes. Descente vertigineuse et crawlée des cercles de l’enfer jusqu’à la tasse absolue, tchin, tchin.

La facture du film est complètement atypique, pleine de surprises, le tout en technicolor. Ralentis décalés, ironiques,  lumière kaléidoscopiques, psychédéliques, plans sur l’indifférence de la faune et la flore, un peu comme dans «  La Nuit du Chasseur ». Et ce serait un doux euphémisme que de parler de second degré au sujet des dialogues ou du jeu des comédiens. La musique est signée Marvin Hamlisch.

 Une gifle à « l’American Way of Life ».

 The Swimmer/Frank Perry/Avec Burt Lancaster, Janet Landgard, Janice Rule/Durée : 1h34mn

Cinéma Le Grand Action-5 rue des Ecoles 75005 Paris.

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