L’humble, les racines, la terre, c’est le luxe

Ce n’est pas la plus jolie pièce de l’exposition mais la plus émouvante. Cette robe d’enfant du 13e siècle a été retrouvée dans une grotte au Liban et elle a été prêtée par le Musée national de Beyrouth dans le cadre de «L’Orient des femmes», une exposition organisée par le musée du Quai Branly à partir du 8 février et jusqu’au 15 mai.

En forme de demi-lune, le «Croissant fertile» s’étend du Nil au Tigre et recouvre l’antique Phénicie, la Palestine, la Babylonie et l’Assyrie.

175 costumes et parures féminins ont été sélectionnés pour l’occasion par le couturier Christian Lacroix via une géographie qui s’étale du nord de la Syrie jusqu’à la péninsule du Sinaï, une large surface dite « Croissant fertile » 

 «Je suis très touché par l’artisanat, par tout ce qui est humble, tout ce qui vient des racines, de la terre, c’est que j’aime dans cette exposition, c’est cela le luxe» a-t-il déclaré à Reuters TV, pour commenter ses choix et sa scénographie. Une phrase à méditer en regardant les costumes conçus pour l’usage et par Christian Lacroix, que porte incidemment le personnel d’Air France depuis 2005 et jusqu’en 2015.

Passé le point de départ dont la figure de proue est la robe de la petite fille libanaise, le parcours dévoile dans une logique d’étapes géographiques des costumes de femmes syriennes, jordaniennes, palestiniennes et bédouines. Des coffres de mariage signés Christian Lacroix servent d’éléments de ponctuation.

Une vue de l'exposition. © musée du quai Branly, photo Gautier Deblonde

 Le couturier a même créé des banquettes pour offrir au visiteurs un moment de détente tout en consultant «des fiches relatant l’histoire de la soie au Proche-Orient ou encore la saga de l’indigo».

Le tout étant présenté comme une déambulation poétique, pourquoi se priver, cela change des défilés !

Coiffe de Bédouine, sakrouj, 20e siècle. Copyright: © musée du quai Branly, photo Thierry Ollivier, Michel Urtado

 

Précision : La robe présentée en tête de l’article est celle d’une fillette âgée de deux ou trois ans dont le corps, découvert le 29 juin 1991, reposait sur le côté gauche d’une femme, sans doute sa mère. Elle était portée au-dessus de deux autres robes de toile unie. La robe, qui descend jusqu’aux pieds est légèrement élargie par des panneaux en biais. Cette coupe en T est celle que l’on trouve au Proche-Orient caractéristique des robes d’adultes et d’enfants depuis l’époque abbasside (750-1258) jusqu’à nos jours. Le plastron et les manches de la robe sont couverts de broderies de fils de soie. Le décor est formé de motifs cruciformes rouges cernés de blanc et comportant en leur centre des losanges bleus. (Source : Musée du Quai Branly)

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