Le virus était dans l’expo

Bizarre, un peu dérangeante, curieuse sûrement, l’exposition «General Idea» qui vient de démarrer au Musée d’Art moderne, intrigue. Le visiteur fait face à une rétrospective (1969/1994) dédiée à un collectif canadien  «General Idea», adepte de l’autodérision et de la parodie, dont le précepte était de se «libérer de la tyrannie du génie individuel».

Le premier à en faire les frais est Raoul Dufy puisque sa «fée électricité» bien connue des visiteurs du musée est priée d’accueillir 3 grosses gélules médicamenteuses, on verra pourquoi plus tard. Ce grain de sel qui s’immisce dans une œuvre fait un propos presque systématique dans la scénographie d’ensemble.

La fresque de Dufy et les gélules de "General Idea". Photo: PHB

 Détourné le célèbre magazine américain «Life» devient «File». La géométrie de Mondrian  se voit imposer une touche de vert, une couleur que le peintre avait décidé d’éradiquer de ses peintures géométriques. La posture iconoclaste se fait principe.

Le collectif «General Idea» a été fondé en 1969 à Toronto par AA Bronson, Felix Partz et Jorge Zontai. Ils se veulent «parasites culturels» et leurs thèmes de prédilection sont le glamour, la société de consommation, le processus créatif, les médias, l’architecture, l’archéologie et la sexualité, notamment abordée à travers le Sida, sujet omniprésent (les gélules ainsi que des murs entiers tapissés de messages éblouissants).

Une touche de vert dans un Mondrian détourné avec le fond "AIDS", photo: Pierre Antoine.

 L’idée générale, justement, est une «conception de l’image vue tel un virus infiltrant le réel». «General Idea» s’empare donc d’un sujet, tel un virus, pour en modifier le contenu, en dévoyer le sens. Chaque œuvre devient une chimère.

Le tout donne une exposition plutôt variée par les œuvres présentées, un ensemble intéressant en soi. Mais il est difficile de ne pas ressentir un léger malaise au fur et à mesure que l’on avance, probablement à cause de cette idée de virus qui finirait presque par s’installer dans l’organisme du visiteur pour en modifier le contenu. A y réfléchir c’est sans doute l’idée.

Une vue plus générale de l'exposition. Photo: Pierre Antoine

 Du mardi au dimanche jusqu’à 18 heures, nocturne le jeudi jusqu’à 22 heures.

Et puis un site, l’Exponaute, qui recommande les meilleures expositions à Paris.

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