L’hypothèse de Laurence Albert

Le piège savamment tendu par «L’hypothèse des forêts» est le résultat de la somme d’égards que son auteur, Laurence Albert, déploie dès les premières lignes de son roman. On connaît des livres où «cela va mieux passé les 50 premières pages» et ceux, comme «L’hypothèse des forêts», où les mains câlines de l’auteur vous entraînent sans attendre  dans son maquis solognot.

A l’origine édité aux Editions Delphine Montalant, «L’hypothèse des forêts» vient de sortir dans la collection Pocket ce qui constitue une seconde chance pour ceux qui ne l’avaient pas lu.

Ce roman est construit comme un piège arachnéen en ce sens que, une fois franchi les premières pages, le demi-tour semble impossible. Les personnages créés par Laurence Albert, au centre desquels trône Rose, dépassent la simple construction littéraire et l’on se surprend très vite à s’inquiéter pour eux.

Imparfaits, névrotiques et conséquemment normaux, comme le signifie à plusieurs reprises Laurence Albert, les quelque 5 protagonistes gravitent les uns autour des autres comme des neutrons en perdition. Entre le Canada, la Sologne et la banlieue parisienne, ils se cherchent et ne se trouvent pas, ils veulent s’aider mais tâtonnent sur des itinéraires obscurs.

Ce roman multi trames comporte une intrigue sentimentale que le lecteur, sollicité par la plume adroite de l’auteur, aimerait voir évoluer en «happy end». Cette intrigue est par ailleurs un fil luminescent qui éclaire des personnages secondaires apparaissant tels des fantômes à éclipses. Comme Laurence Albert nous en épargne les descriptions anthropométriques, le travail suggestif qu’elle y substitue fait que chaque personnage, devient le résultat de notre imagination.

Cette histoire dramatique à tendance arboricole peut se lire en une ou deux traites et nous donne des envies de promenade en Sologne. Mais il est vrai qu’avec le programme culturel épuisant de la vie parisienne il est bien qu’un auteur comme Laurence Albert nous en donne pour le moins un aperçu littéraire. Enfin, le mieux serait de le lire dans le train direction le cœur de la Loire, du Cher et du Sancerrois. De quoi passer de la théorie à la pratique.

Post-scriptum : un bon prétexte pour aller en Sologne ? L’exposition «A fleur de peau» qui se tient jusqu’au 26 juin à la galerie Capazza sur un site plutôt charmant à en juger par les photos disponibles sur le site. Ce peut-être aussi l’occasion de découvrir la photographe Francesca Di Bonito dont Les Soirées de Paris se sont déjà fait l’écho.

Galerie Capazza. 1 rue Faubourgs – 18330 NANCAY (Bourges)
 +33. (0)2.48.51.80.22
contact@capazza-galerie.com

Ouvert samedis, dimanches et jours fériés de mi-mars à fin novembre
10h – 12h30 et 14h30 – 19h et toute l’année sur rendez-vous

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