Le choix de la Castafiore

Le diable doit y être pour quelque chose. Comment expliquer, sinon, qu’une seule et même production voit d’abord son chef d’orchestre quitter le navire, puis une partie des employés faire grève, avant d’être partiellement interrompue, lors de la représentation de ce mardi (5 octobre 2011), par un incident technique ?

Il est tentant de parler de malédiction quand on sait que Faust (1859), l’opéra célèbre de Charles Gounod, sur les planches de l’Opéra de Paris jusqu’au 25 octobre, s’ouvre sur une proposition bien malhonnête de la part…du diable en personne !

Dérivé d’une légende allemande du même nom, dont Goethe s’inspirera également, l’opéra raconte que Faust, fatigué par l’âge et accablé d’ennui, conclut un pacte avec Méphistophélès. Ce dernier accepte d’accorder au vieux docteur les voluptés sans fin d’une jeunesse éternelle, mais exige son âme en retour.

Faust. L'affiche. Photo: P.Bonnet Les Soirées de Paris.

Considéré comme l’un des meilleurs opéras français, l’œuvre alterne les airs sautillants et dramatiques. On y retrouve notamment le fameux « Air des bijoux » que la Castafiore de Tintin a popularisé. (Je vous en propose quelques interprétations mémorables à la fin de cet article).

A Paris, la production a surtout fait parler d’elle pour les prises de bec qui ont animé les coulisses de l’opéra Bastille. Un désaccord entre le chef d’orchestre Alain Lombard et le ténor Roberto Alagna s’est soldé par la défection du premier. C’est finalement à un autre chef d’orchestre français, le jeune Alain Altinoglu, que la baguette revient pour mener Faust.

Au final, l’orchestre de l’Opéra National De Paris nous transporte et des voix se démarquent, parmi lesquelles la basse Paul Gay, dans le rôle de Méphistophélès. Mais la mise en scène est chargée, voire étouffante, avec son alternance de bibliothèque géante, christ doré géant et squelette…géant.

Dans le public, il y a de ceux qui vendraient leur âme pour entendre chanter la star Roberto Alagna. Pour les autres, l’Opéra de Paris prévoit une diffusion en direct du spectacle dans plusieurs salles de cinéma le lundi 10 octobre à 19h30, ainsi qu’une diffusion en différé à 20h35 sur France 3.

Et on fera sans faute un détour par YouTube pour quelques interprétations indétrônables du délicieux «Air des bijoux», en chanson avec :

* Mirella Freni : (vidéo1) et  (vidéo2)

*Maria Callas 

 * Ainsi qu’une belle brochette  dans le cadre d’un concours informel animé sur YouTube par des amateurs d’opéra :

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