Deux grandes lames de la photographie au 9 avenue Matignon

Pour Henri Cartier-Bresson, la vie est à l’extérieur, qu’il s’agisse d’un portrait de l’écrivain Albert Camus dans la rue, de trois indiennes dans un paysage du Cachemire ou encore d’un homme qui ne touche plus le sol le temps d’un instant (décisif) au-dessus d’une flaque d’eau derrière la gare Saint-Lazare.

Christie’s organise pour le 11 novembre la vente d’une centaine d’épreuves provenant de la Fondation Henri Cartier-Bresson pour un total supposé de 1,4 million d’euros. Les estimations vont de 5 à 7000 euros pour le portrait d’Albert Camus à des niveaux plus conséquents comme l’épreuve de «Derrière la gare Saint-Lazare» dont l’estimation basse pointe déjà à 120.000 euros et la haute avoisinant les 180.000 euros, ce qui situe tout de même ce maître de la photographie à un bon niveau de marché. En revanche on peut aller les admirer gratuitement les 9 et 10 novembre chez Christie’s au 9 avenue Matignon.

Pour Irving Penn en revanche, la vie est au studio. Et ce sont 52 tirages qui seront mis à la vente juste après Cartier-Bresson (le 12 novembre donc) dont il est à peu près le contemporain de la naissance à la mort. Le Français est né en 1908 et décède en 2004 contre 1917 et 2009 pour le photographe américain.

Irving Penn Harlequin dress (Lisa Fonssagrives-Penn), 1950 (Via Christie's)

Un seul coup d’œil sur Google images suffit pour comprendre que Penn enfermait ses sujets pour les photographier et explique-t-il, l’idée n’était pas de les «isoler» mais de les «transformer». Des portraits qui vont de l’autochtone africain à des célébrités aussi diverses que Pablo Picasso, Marlène Dietrich ou Jean Cocteau.

C’est un peu vexant pour Cartier-Bresson mais Irving Penn se vend plus cher. Sa seule robe Arlequin (1950) est estimée entre 200 et 300.000 euros mais il faut noter que celle qui pose, Lisa Fonssagrives-Penn n’est autre que son épouse. Elle est une valeur ajoutée. On la retrouve d’ailleurs posant dans un palais marocain toujours sous l’objectif de son mari (1951) et l’estimation se calque sur celle d’«Harlequin dress». Il y a également des tirages plus raisonnables et l’ensemble est estimé à 1,6 million d’euros dont les bénéfices iront encourager les activités de Médecins sans frontières.

Un oeil sur la Fondation Henri Cartier-Bresson?

Un clic décisif chez Christie’s France?

 

 

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