Les femmes de Massenet font la belle affiche à Garnier

L’Opéra de Paris célèbre dignement celui dont les arias résonnent toujours entre ses murs, Jules Massenet (1842-1912). Compositeur célèbre et figure centrale de l’opéra français, il fait l’objet non seulement d’une exposition dans la somptueuse bibliothèque-musée du Palais Garnier («La Belle époque de Massenet» – jusqu’au 13 mai), mais également de la programmation, cette saison, avec Manon, l’une de ses oeuvres majeures, jusqu’au 13 février à l’Opéra Bastille. 

Le parcours du maître n’est ni celui d’un marginal ni d’un artiste torturé. Massenet fait pas à pas carrière dans la musique : l’homme réussit de brillantes études, travaille de manière acharnée, se fait connaître avec son Manon, est nommé professeur au Conservatoire et devient même fort riche de son vivant grâce à ses oeuvres.

L'affiche de Cendrillon. exposition Massenet. Photo: Marie Mawad.

Il n’en reste pas moins que ce compositeur de la Belle Époque, qui s’inscrit dans la lignée d’idéaux romantiques, laisse un répertoire riche et varié, aux tonalités mélancoliques et aux envolées poétiques, que l’on dit vocalement très exigeant.

La passion éclate, le drame fait trembler et les voix explosent chez Massenet qui, dans cette tradition française dont le Carmen de Georges Bizet est une référence, met en vitrine des femmes coquettes, très belles et peut-être un brin hystériques.

C’est ce qui ressort de l’exposition en cours. De l’Egypte ancienne à la Cour de Louis XV en passant par la Rome Antique, l’Opéra de Paris nous fait voyager avec les personnages de Massenet, à coup de costumes colorés, de bijoux clinquants et de très jolies affiches d’origine de ses spectacles.

Le soin est laissé au visiteur de se plonger ensuite dans la musique.

L’oreille curieuse pourra vagabonder en ligne sans être déçue, car la discographie Massenet est éclectique. Attention néanmoins : les chanteurs lyriques maîtrisant le français restent rares et certaines interprétations pourraient bien faire grimacer les amoureux de la langue de Molière.

Ci-dessous des extraits de choix :

Un extrait de l’opéra Manon, auquel Nathalie Dessay prête sa voix pour «Je marche sur tous les chemins»

Un extrait de l’opéra Werther, «Pourquoi me réveiller ô souffle du printemps», chanté par Alfredo Kraus.

Un extrait sans chant : celui de la «Méditation» de Thaïs, joué au violon et tiré de l’opéra du même nom. Interprété ici par le violoniste russo-américain Nathan Milstein.

-Un second extrait de l’opéra Thaïs.

La cantatrice américaine Sybil Sanderson fut la muse de Massenet pour ce rôle considéré comme particulièrement difficile à interpréter. Les enregistrements de cet opéra, dont la première a eu lieu en 1894, se comptent sur les doigts d’une main. Les performances de Beverly Sills et de Renée Fleming dans le rôle de la courtisane font référence.

Beverly Sills chante «Dis moi que je suis belle»

Renée Fleming chante «C’est Thaïs»


Pour le site de l’exposition.

Pour Manon à l’Opéra Bastille.

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1 réponse à Les femmes de Massenet font la belle affiche à Garnier

  1. de FOS dit :

    Comme à l’opéra !
    Merci pour cette invitation à se rendre à l’exposition Massenet.
    Merci aussi pour ces extraits musicaux exprimant l’art et le talent de ces minaudières.

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