Les plans-reliefs n’ont pas pris une ride

C’est à une formidable leçon d’histoire et de géographie, accessible à tous, que nous convie l’exposition «La France en relief» présentée jusqu’au 17 février dans la nef du Grand Palais. Une exposition sous-titrée pour percer le mystère «Chefs-d’œuvre de la collection des plans-reliefs de Louis XIV à Napoléon III».

Soit un bout d’Histoire de France, du 17e jusqu’au 19e siècle, survolée grâce à une collection unique au monde de «plans-reliefs», à savoir des maquettes historiques de villes fortifiées fabriquées à des fins avant tout militaires (et accessoirement pour le prestige). Leur précision est impressionnante. Il s’agissait naturellement en premier lieu de renseigner le souverain sur l’état des défenses du pays afin de protéger plus efficacement les «frontières», dont la notion de tracé précis est relativement neuve. Ainsi, les maquettes nous font découvrir les fortifications en elles-mêmes certes, mais également le relief et la végétation alentour et chaque maison, chaque rue de la ville concernée. Le tout est d’une précision extrême, fruit du labeur rigoureux de relevé sur le terrain. Avec du bois, de la soie, du papier et du métal, les plans-reliefs restituent les moindres détails.

Le plan-relief de Briançon (1731/1736)

 Sur la centaine de maquettes qui composent les collections du Musée des Plans-Reliefs, seize nous sont ici dévoilées, la plupart invisibles pour le public depuis près de trente ans. Leur surface va de quelques m2 à 160 m2 pour celle représentant Cherbourg. Elles respectent toutes la même échelle, 1/600e. Non, pardon, plus précisément 1 pied pour 100 toises. Elles ont été sorties des réserves pour l’occasion, permettant au directeur du musée, Max Polonovski, de conserver intacte la galerie permanente de présentation juste de l’autre côté de la Seine, aux Invalides. Le public peut y découvrir notamment le plan-relief du Mont Saint-Michel ou de Bayonne. Monsieur le directeur ne désespère pas de pouvoir un jour, lorsque tombera la manne des deniers publics, présenter d’autres maquettes dans trois autres galeries aujourd’hui inoccupées.

Mais retournons au Grand Palais, pour cette exposition si brève. Voyageons en quelques minutes de Brest à Briançon, de Grenoble à Strasbourg. L’écrin de l’exposition vaut à lui seul le détour bien sûr, d’autant qu’ici nous voilà saisis d’une sensation étrange, au même instant minuscules sous cette haute verrière mais géants devant ces modèles réduits de villes d’un autre temps.

Plan-relief de Saint-Omer (1758) réparé en 1812.

 

Le site de l’exposition.

 Celui du Musée des Plans-Reliefs.  

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1 réponse à Les plans-reliefs n’ont pas pris une ride

  1. de FOS dit :

    Merci Byam pour cette invite à une exposition grandiose de maquettes fidèles à la gloire du génie français de la guerre. « France, mère des arts, des ARMES et des lois… ». Un génie schématisé par d’opportuns petits dessins humoristiques très pédagogues distillés au fil de la visite.
    On doit à Vauban, au moins attaquant de places-fortes que défenseur de citadelles, l’extension du périmètre du Royaume de France sous Louis XIV.
    Demi-lunes, glacis, tranchées en zig-zag, fossés… Après la visite, on n’ignore rien (ou presque) des systèmes d’attaque qui, au fil des décennies, surent évoluer en fonction de la portée du canon… Le but des opérations étant de faire tomber le bastion aussi vite que possible en perdant le moins d’hommes.

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