Le Quai Branly fait des claquettes

Tiens encore une affiche trompeuse. La très jolie photo choisie pour faire la réclame de l’exposition sur la pluie qui se déroule actuellement au Musée du quai Branly, pourrait en effet laisser espérer une scénographie esthétique recherchée. Il n’en est rien, ce qui en soi n’est pas grave, car le fond est solide.

Le propos de «La Pluie», quel joli nom pour une exposition, est purement ethnologique et quoi de plus logique en effet dans ce musée, sachant aussi que Françoise Cousin qui supervise l’ensemble, est ethnologue. Elle n’a pas cherché précise-t-elle «à faire une exposition météorologique» et donc pas question d’y trouver la pluie dans tous ses états, du crachin aux hallebardes. Pas question non plus d’y trouver Nougaro chantant «la pluie fait des claquettes».

Voilà un espace, modeste dans ses dimensions, qui déploie essentiellement des objets invocateurs à travers les âges et les peuples, selon que la pluie est vécue comme un malheur ou comme un espoir. Ainsi cette concrétion  de magnésie de Nouvelle Calédonie, perdue au fond de son grand cube de verre, prend la forme d’un nuage. Elle est présentée comme un outil rituel chez les Kanak pour favoriser le déclenchement de la pluie.

De même que ce cimier en forme de serpent et en bois de fromager. Il est honoré lors de danses spécifiques car il aide à faire tomber la pluie. Tambour, manteau, cape, bâton de culte ou grelot zoomorphe, la symbolique inventée par les peuples autour de la pluie qui tombe, dégringole ou drache, constitue une recension des plus intéressantes

Ah, la pluie. Au fond de nous-mêmes on l’aime. Et tous ces totems, tous ces fétiches, tous ces instruments magiques réunis comme en congrès dans une aile du quai Branly, une telle concentration de pouvoirs enfin, devrait inonder les lieux jusqu’à transformer le musée en aquarium. Mais il ne se passe hélas rien de tel. Dommage pour les enfants que nous sommes.

Heureusement l’exposition connexe concerne la Patagonie, pays à la pluviométrie heureuse. Et c’est toujours bien agréable de prendre l’air du bout du Monde entre midi et deux. L’histoire de sa découverte nous y interpelle . L’addition de ces deux parcours juxtaposés, Pluie et Patagonie, fait que l’on ressort du musée l’intellect satisfait mais un peu sec de précipitations.

Une des pièces de l'exposition sur la Patagonie. Photo: Les Soirées de Paris.

 

Jusqu’au 13 mai. Musée du Quai Branly.

Le bruit de la pluie en vidéo. Par Les Soirées de Paris.

« Il pleut » une étonnante intervention vidéographique sur un texte de de Guillaume Apollinaire. (YouTube)

Et bien sûr le texte d’Apollinaire sur le sujet extrait de Calligrammes.

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