Man Ray le surréaliste, à Londres

Touchants, humains, surréalistes et … romantiques, tels sont les portraits de Man Ray exposés à la National Portrait Gallery « Se servir de son appareil photo comme d’un pinceau, c’était sa prouesse, un simple instrument au service de son esprit« , écrit Marcel Duchamp à propos de son ami Man Ray. De son vrai nom Emmanuel Radnitsky, ce surréaliste américain d’origine russe a révolutionné le monde de la photographie et du portrait pendant plus d’un demi-siècle.

De Paris à New York en passant par Londres, Los Angeles et de nouveau Paris, l’exposition des portraits de Man Ray offre au regard fasciné du visiteur 150 images de visages dont les noms légendaires retracent à eux-mêmes une bonne partie de l’histoire de l’art du vingtième siècle. Bien sûr on y redécouvre des oeuvres dont on ne se lasse jamais comme le Violon D’Ingres sur le dos de Kiki de Montparnasse, les solarisations de Lee Miller et on s’extase devant des portraits moins connus : une Ava Gardner belle et sachant exactement ce qu’elle veut, un Ernest Hemingway pas commode et plutôt joufflu, une Catherine Deneuve définitivement « belle de jour »…

Catherine Deneuve par Man Ray. Source: National Gallery

Man Ray Portaits révèle d’abord des visages sur des noms : particulièrement des artistes de l’entre-deux guerres dont on connaît les noms mais rarement les visages. C’est une première surprise car, bien sûr, on ne peut pas s’empêcher de penser : « Je ne m’attendais pas à cette tête-là… »

Et puis la deuxième surprise prend le dessus, en entrant dans les détails des portraits eux-mêmes. Oui, Man Ray était un surréaliste mais il ne voyait pas ses sujets comme des objets manipulables artistiquement. Il n’était pas intrusif non plus. Il essayait de capturer l’individualité de chacun de ses sujets, leur personnalité, leur sensibilité : Virginia Woolf, la main droite levée dans une pause qui combine intelligence et délicatesse, ou encore Adlous Huxley qui s’arrange pour garder son côté sombre dans l’ombre du portrait.

Man Ray touche et confirme à travers cette fascinante rétrospective ses talents de portraitiste, de surréaliste et surtout de photographe. On y découvre aussi la démarche d’un grand romantique.

Jusqu’au 27 mai

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