L’île qui nous parlait d’elle et de lui

A propos cette île il concluait :

« Quand l’étoile polaire a des yeux d’obsidienne
J’écoute s’engloutir dans les fosses du temps
La nuit, les continents, les feux et moi j’attends
Je ne sais quel instant, je ne sais qu’elle Ilienne. »

 

Pierre Osenat, disparu le 26 août 2007 à presque 100 ans, évoquait alors l’île de Sein, dans un livre au tirage confidentiel (150 exemplaires). Les Soirées de Paris ont pu mettre la main sur le numéro 99, la veille de cet anniversaire. Un vrai un coup de pot.

« Cantate à l’île de Sein » est un beau chant poétique à l’égard de cette terre où Les Soirées de Paris dispose par ailleurs d’un consulat actif. Il est possible que Pierre Osenat y ait aussi connu une femme quand ses vers se font quelque peu cryptogrammes. Car il aime …

« … ce port battu où la vague déferle
Où les vieux rafiots demeurent embossés
Où l’on entend pleurer le vent triste et glacé
Quand les espars drossés viennent me parler d’elle »

Pierre Osenat. Cantate à l’ïle de Sein. Photo: Les Soirées de Paris

Ce bien mince ouvrage de 20 pages a été imprimé en 1970. Et il y aura une suite, « Cantate à l’île d’Ouessant » sept ans plus tard qui décrochera un prix.

Ce chirurgien oto-rhino-laryngologiste, métier à l’orthographe diabolique, est certes auteur d’ouvrages qui font envie comme « Les atrésies du conduit auditif (librairie Marquette, 1939) » mais il est d’abord répertorié comme écrivain. Il a écrit des romans, des essais et suffisamment de poésie pour être pendant 20 ans président de la Société des Poètes Français.

 

Pierre Osenat a expiré à Saint-Mandé, bien loin de Fécamp où il était né, bien loin d’Ouessant et de Sein. Faute d’autres sources, on puisera pour conclure un extrait supplémentaire de cette unique cantate négociée au marché de Vaugirard le 25 août 2013.

« Les mulets font concile au gonflement des passes,
Epave nourricière à babord des rouleaux,
Piaulements, remous autour de la barcasse,
S’agit-il d’un amour dérivant à vau-l’eau ? ».

Le tout avait été édité aux éditions « Aux dépens d’un amateur ». Mais nous lecteurs en tirons profit.

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6 réponses à L’île qui nous parlait d’elle et de lui

  1. menou dit :

    MERCI Philippe !!!
    après le « concile dans les passes », les mulets ….. et les bars sont embrochés par Byam et font concile sous une croute de sel …………..;

  2. Joëlle Hache dit :

    Mr le Consul des soirées de Paris aurait-il, dans ses archives, un exemplaire de cette cantate que j’aimerais lui emprunter dès que je pose le pied sur l’île ?
    Merci
    Joëlle

  3. Philippe Bonnet dit :

    L’exemplaire est à disposition. Me prévenir le jour du départ. PHB

    • Joëlle Hache dit :

      J’y vais de ce pas…. Nuit devant la mer dans le « grand Ouest », à l’étage du descendant de ce beau combi VW, départ demain mercredi par l’Enez Sun de 9 heures pour la plus belle des îles !

      Merci
      JH

      • Benoît dit :

        Bonjour Joëlle, Byam depuis l’Ile de Sein, belle brume pour le trajet ce matin, attendons votre arrivée avec celle du soleil …

        • Joëlle Hache dit :

          Bonjour Benoît,

          L’île était magique sous la brume,et lorsqu’elle s’est envolée, j’ai espéré vous voir, le livre à la main….Je me suis d’ailleurs demandé à quoi pouvait ressembler un consul des Soirées de Paris !!
          Il était presque 16 heures lorsque j’ai repris l’Enez Sun, sous un grand soleil, avec un petit pincement au cœur comme chaque semaine ; je reviens vendredi prochain… Peut être serez-vous loin, en route pour de nouvelles aventures ?
          Joëlle

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