De retour le quatre janvier

Arbre. Photo: PHB/LSDPChantre est mot dont les origines remontent au treizième siècle et qui désigne le chanteur dans un service religieux. C’est aussi le titre d’un poème de Guillaume Apollinaire avec lequel je voudrais terminer l’année. Il est très facile à mémoriser puisqu’il ne comporte qu’un seul vers rimant en lui-même et par lui-même : « Et l’unique cordeau des trompettes marines ».

Ce monostique (strophe d’un seul vers) chante tout seul et fascine par son mystère. Une fois retenu, il s’installe dans votre sphère méningée, tantôt inerte, tantôt passant comme un de ces bandeaux promotionnels tirés par de petits avions au-dessus des estivants sur les plages des vacances.

C’est ainsi que je souhaite aux lecteurs des Soirées de Paris de gratifiantes fêtes de fin d’année. Heureusement que la matière culturelle, artistique, littéraire, cinématographique, théâtrale… est là pour nous offrir une diversion raffinée dans une actualité souvent régressive, brutale et grossière. N’oubliez pas chers lecteurs et contributeurs qu’une grande exposition sera consacrée à Guillaume Apollinaire au Musée de l’Orangerie au printemps. C’est bien lui et ses amis qui ont fondé les Soirées de Paris. C’est bien vous lecteurs qui par votre consultation fidèle et vous journalistes-auteurs par votre plume si juste, qui faites en sorte que cette revue soit pérenne. Merci. PHB

Chantre, dans le recueil "Alcools". Photo: PHB/LSDP

Dans le recueil « Alcools ». Photo: PHB/LSDP

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4 réponses à De retour le quatre janvier

  1. N’Est-ce pas aussi Apollinaire qui a dit plus prosaïquement dans un poème « C’est la lune qui cuit comme un œuf sur le plat », ou bien ma mémoire me trahit-elle?
    TRES BELLES FETES A TOUTES ET TOUS!
    Lise BM

  2. Bruno Sillard dit :

    Et comme Philippe vient de nous inoculer le virus des mots fous, tordus, psychotiques, ceux qui vous collent l’hypothalamus, vous scotchent les noyaux gris, bref tout un monde dont le cadavre exquis mais encore vivant d’Apollinaire, se régalait avec d’autres comme Breton. Je vous signale que la fabuleuse série d’ARTE « Les aventuriers de l’art moderne », diffusée la semaine dernière ( http://boutique.arte.tv/f10574-aventuriers_art_moderne_serie ) est en vente, c’est sans doute le moins pire moyen de retrouver une pensée normale, sans « Et l’unique cordeau des trompettes marines » qui nous ressort par tous les neurones. Bon à mon tour de vous souhaiter de bonnes fêtes, que les bonnes vous fassent votre fête, que les belles de nuit vous soient bonnes. Bonnes comme la mauvaise herbe. « Les mauvaises herbes même sont de celles que l’on pourrait rendre bonnes en en usant congrûment. » C’est du Apollinaire dans le texte, bien la preuve que je ne suis pas hors sujet!

  3. Flourez BM dit :

    Et puisqu’ « A la fin tu es las de ce monde ancien », quoi qu’on nous dise déjà sur 2016, il y aura du nouveau tant que la poésie sera.
    Et puisqu’hier « tu marches dans Paris les femmes sont ensanglantées / C’était et je voudrais ne pas m’en souvenir c’était au déclin de la beauté », alors
    « Habituez-vous comme moi
    À ces prodiges que j’annonce
    À la bonté qui va régner
    À la souffrance que j’endure
    Et vous connaîtrez l’avenir

    C’est de souffrance et de bonté
    Que sera faite la beauté »

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