Sept jours avec Ronit Elkabetz

Ronit Elkabetz dans "Les 7 jours". Photo: PHB/LSDPElle nous manquera. Dans le film « Les 7 jours », qu’elle co-réalise en 2009 avec Shlomi Elkabetz, l’actrice dont le décès à 51 ans a été annoncé aujourd’hui, raconte un deuil selon le rituel israélien. Un huis-clos sans oxygène où toutes les histoires de familles, tous les règlements de compte, sortent d’un dévidoir que l’on ne ne peut plus arrêter.  « Les 7 jours » est un film dont la résonance sombre ne manque pas de nous interpeller ici et maintenant.

Pourtant, à l’évidence, ce n’est pas avec ce long métrage que nous nous souviendrons d’elle, si l’on veut bien excuser ce trait de sentimentalisme.

Ceux qui ont eu en effet la chance de la voir dans « La visite de la fanfare » de même que ceux qui auront la chance de se procurer ce film sorti en France en 2008, garderont au contraire le souvenir d’une femme lumineuse irradiant comme le personnage qu’elle incarne, une large générosité.

« La visite de la fanfare » narre l’improbable « visite » d’une fanfare de la police d’Alexandrie en Israël dans le cadre d’un échange culturel. Suite à une erreur d’aiguillage, le petit groupe musical en uniforme bleu clair, s’égare et échoue dans un bourg moderne isolé dans les sables.

D’une rigidité décourageante due à sa timidité, le chef de la fanfare, magnifiquement joué par Sasson Gabai, voit sa politesse extrême bousculée par Dina (Ronit Elkabetz) déployant à l’inverse sa décontraction de femme émancipée à la voix un peu rauque, qui fume et qui boit. Ce film très lent, réalisé par Eran Kolirin, est une pure merveille se dégustant bien lentement comme un verre d’arak glacé.

Ronit Elkabetz, qui joue ici l’un des rôles principaux, croisera longtemps dans notre mémoire tant elle  représente ce qui nous manque le plus souvent, un mélange de beauté, d’intelligence, de malice, d’humour et de liberté. Cinquante et un an, c’est un peut court pour s’en aller.

PHB

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