La BnF, globalement

Exposition sur les globes à la BnF. Photo: PHB/LSDPPour réaliser son globe terrestre, Martin Behaim s’est fié aux renseignements fournis par l’explorateur Marco Polo. Christophe Colomb n’est pas encore parti pour les Amériques qui ne figurent logiquement pas sur cette remarquable sphère que l’on peut voir en ce moment même dans la galerie des donateurs de la BnF Mitterrand. L’établissement qui détient l’une des plus grandes collections au monde de globes terrestres et célestes, expose ses plus beaux spécimens dans la galerie des donateurs avec la possibilité de les visionner dans le détail en trois dimensions.

Sauf erreur toujours possible de retranscription, lui s’appelait Djem al-ed-din Mohammed ibn Mohammed el-Hachimi el Mecki. Il est l’auteur d’un globe céleste à peine plus gros qu’une boule de pétanque, façonné en 1573 à La Mecque. Il représente le témoignage tardif d’une science astronomique bien maîtrisée issue de l’antiquité grecque. Cette sphère est composée d’alliage cuivré, moulée d’une seule pièce selon nous dit-on, le procédé de la cire perdue. Avec le système de lecture en trois dimensions à la disposition du visiteur, on peut y découvrir la position approximative de 900 étoiles. C’était déjà un bel exploit.

Les globes terrestres apparaissent avec les grands navigateurs. A cette époque il y avait encore beaucoup de monde pour penser que la terre était plate et beaucoup parmi les rares qui savaient qu’elle était ronde croyaient qu’elle était le centre du monde. Copernic puis Galilée étaient encore des marginaux qu’il fallait mettre à l’écart. Galilée n’a été réhabilité par l’Eglise catholique qu’en 1992. Dans le même ordre d’idées, jusque dans les années soixante ,on enseignait aux enfants que les continents avaient émergé tels quels. L’idée de la dérive est encore toute récente. Aucune nouvelle surprise ne pouvant a priori être exclue, on s’impatiente d’en découvrir une autre de notre vivant.

Il est drôle (et c’est une façon de dire « triste ») que les Terriens soient revenus à une vision cosmo-centrée de « leur » globe. Tout le monde parle de « la » planète comme s’il s’agissait de la seule et tout le monde a oublié qu’il s’agissait de la « Terre » sauf et c’est notable, l’animateur télé qu’est Thierry Ardisson avec son émission « Salut les Terriens ».

Aspect de l'expo sur les globes. Photo: PHB/LSDP

Aspect de l’expo sur les globes. Photo: PHB/LSDP

Le département des cartes et plans de la BnF compte 200 globes terrestres et célestes. C’est dommage que l’on ne puisse en voir que six ! Mais « et c’est tout l’intérêt de la chose » comme disait Bernard Blier dans « Le cave se rebiffe » à propos d’une chambre coquine à multiples miroirs, le site Gallica (1) de la BnF en présente 50 avec toutes les explications attenantes.

La vitrine Internet de la BnF est une mine de connaissances dont la profondeur s’accroît tous les jours. Et on pense justement à tous ceux qui disséminés sur le globe ont quand même le loisir et la faculté d’être un peu à Paris quai François Mauriac ou rue de Richelieu. C’est quand même autre chose que les réserves d’or de la Banque de France.

PHB

(1) Globes dans Gallica

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1 réponse à La BnF, globalement

  1. de FOS dit :

    Que de chemin parcouru en quelques siècles. On en est à l’heure des pulsars, des trous noirs et des ondes gravitationnelles…

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