Gyeongju (Corée), une splendeur au cœur de l’ancien royaume du Silla

S’il est un endroit à ne pas manquer en Corée, c’est la splendide ville de Gyeongju au sud-est du pays. Véritable musée à ciel ouvert, ce petit bijou regorge de trésors historiques. Pendant près d’un millénaire, la région de Gyeongju a abrité l’une des civilisations les plus brillantes de l’Asie de l’Est, le royaume du Silla (57 av J.-C. – 935 après J.-C). L’exposition du musée Guimet « Silla, l’or et le sacré. Trésors royaux de Corée » rend hommage jusqu’au 31 août à cette civilisation. De retour de Gyeongju, nous vous invitons à vous y promener sur nos pas au cœur de paysages saisissants tissés d’Histoire où le passé est toujours visible Ce qui frappe avant tout à Gyeongju ce sont ses grandes étendues couvertes de tumulus aux gazons très verts. D’une hauteur variable (23 mètres pour le plus haut), ces monticules au large diamètre abritent les tombes des rois et des dignitaires du Royaume du Silla qui se sont succédé au fil du temps. Le parc le plus important, Daerungwon, contient près de 200 tombes anciennes d’où ont été excavés des trésors; certains actuellement visibles au musée Guimet. Ces parcs de tumulus jouxtent des quartiers de maisons traditionnelles et des forêts nichés au pied des montagnes verdoyantes qui entourent la ville. Tranchant avec l’immensité et la densité des autre villes de Corée, Gyeongju est à la fois une « ville-campagne » calme et un « musée sans mur » à parcourir à pied pour découvrir son patrimoine admirable.

Au fil de l’histoire du Silla, trois clans ont émergé, celui de l’or, celui du fer et celui des rituels. Au IVe s, ces clans ont assis leur autorité en donnant naissance au Royaume du Silla. Le clan Kim, celui de l’or, qui a par la suite centralisé le pouvoir, a conservé le trône jusqu’à la fin du royaume. Au VIe siècle, le bouddhisme devient religion du royaume ce qui permet de créer un ordre moral utile au maintien du pouvoir en place. Puis le royaume s’appuie sur la Chine des Tang pour mener des campagnes militaires et s’accroître en annexant des territoires rivaux. Le VIIe s voit l’apothéose du royaume. Gyeongju, devient alors une ville d’importance où il y règne un art de cour raffiné.

Aujourd’hui, Gyeongju concentre le plus grand nombre de tombes, temples, pétroglyphes de tout le pays. La visiter à pied en empruntant les chemins qui traversent parcs et forêts est très agréable. Parmi les sites marquants, nous avons retenu les suivants:

Le parc des tumulus Daereung-won contient le plus grand nombre de tombes. C’est là que se trouve la seule qui se visite, celle de Cheonmachong, un personnage important, comme en témoignent les milliers d’objets trouvés à ses côtés, mais dont on ne sait rien.
Un crochet mènera au plus vieil observatoire astronomique d’Asie de l’Est, le Cheomseongdae qui date du VIIe s. Haut de 10 mètres , il a la forme d’une bouteille et est construit avec 365 pierres, soit le nombre de jours du calendrier lunaire. Il est entouré d’un jardin de tulipes multicolores qui attire davantage les curieux que l’observatoire lui-même!

Cachées derrière des tumulus, les zones d’excavation de l’ancienne forteresse Wolseong, palais de rois du Silla dont il ne reste rien, attirent l’attention. Elles sont fouillées par des archéologues heureux de partager leurs connaissances mais qui ne parlent pas ou peu anglais. Non loin de là, au bord des étangs Wolji, seuls trois bâtiments du palace Donggung ont été restaurés. Son jardin des plaisirs (VIIe s) en comprenait à lui seul vingt-six.

Après une marche le long de la rivière Nakdonggang, une pause repas dans l’une des auberges du village typique de Gyochon sera bienvenue. Reconstitué, Gyochon n’en est pas moins une merveille avec ses maisons traditionnelles aux toits de tuiles aux courbes gracieuses. On peut y visiter une école confucéenne ainsi que des maisons de riches marchands. A la sortie du village, on longera l’ancien pont couvert woljeonggyo, entièrement reconstruit, pour rejoindre le musée national de Gyeongju. C’est là qu’on pourra voir des dizaines de milliers d’objets et de bijoux trouvés dans les tombes excavées des tumulus.

On ne peut quitter Gyeongju sans se rendre au temple Bulguk-sa, l’un des plus anciens du pays, situé à 15 km. Les pentes du mont sacré du Toham sur lequel il est perché sont couvertes de cerisiers et offrent un spectacle grandiose quand ils sont en fleurs. Le Bulguk-sa est un chef d’œuvre de l’architecture bouddhique coréenne. Fondé en 535, reconstruit au VIIIe s, il comprenait à l’origine 80 bâtiments détruits lors d’invasions japonaises. Il n’en reste que quelques-uns, restaurés en 1970. A 6 km en amont du Bulguk-sa, la grotte de Seokguram du VIIIe s. est le joyau de l’art bouddhique du Silla. Une haute statue de Bouddha en méditation, entourée de bodhisattva, s’y niche.

Enfin, pour acérer ses mollets tout en baignant dans la spiritualité, les monts Namsan offrent des randonnées insolites à 5 kms de Gyeongju. Là, les sentiers mènent à des sites spectaculaires: pagodes de pierre décaties, statues rupestres bouddhiques, anciens temples, rochers sculptés.

Lottie Brickert

Photos: ©Lottie Brickert

 

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Une réponse à Gyeongju (Corée), une splendeur au cœur de l’ancien royaume du Silla

  1. Barbara Kotalska dit :

    Un voyage dans le temps et dans l’espace. Une promenade entre la nature et la civilisation coréenne On se laisse transporter, rever, mediter.

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