Celles et ceux qui s’intéressent à l’invention de l’architecture moderne et qui ne sont pas encore allés à la Cité de l’Architecture de du Patrimoine ont la chance de pouvoir se rattraper pendant une quinzaine de jours. Car on peut y voir la première exposition thématique consacrée en France à l’architecte visionnaire viennois Otto Wagner.
Pour cette première, la Cité de la place du Trocadéro a monté, en collaboration avec le grand musée viennois Wien Museum, une exposition impressionnante, foisonnante, et même éblouissante dans les salles finales. Car portraits, peintures, photographies en tout genre, films d’époques, innombrables dessins d’architectes de projets retenus ou non, statues, sculptures, maquettes splendides, objets divers, se succèdent de salle en salle pour aboutir dans une sorte d’apothéose à trois réalisations vedettes, en partie grandeur nature, de ce Wagner très éclectique et surprenant. Continuer la lecture
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Il a suffi de regarder un plan afin d’honorer un rendez-vous quelque part dans le onzième arrondissement, pour s’apercevoir qu’il existe à Paris, un musée du fumeur. Ou plutôt un genre de brocante-musée tellement le lieu ferait frémir par son organisation et son apparence, le plus conciliant des conservateurs du Louvre. Il faut d’abord entrer par la boutique qui vend tout ce qui fait de mieux et même d’original, pour ceux qui ont choisi de quitter la combustion traditionnelle pour la vapeur. Mais derrière, moyennant deux euros et une sucette en guise de ticket, se trouve effectivement un musée du fumeur dont le manque d’entretien et le caractère modeste saute immédiatement aux yeux. Si le fumeur entre au musée c’est un signe des temps. Gageons qu’ouvrira bientôt un musée d’autres types de comportements humains entrant en désuétude, comme la pratique de la modestie ou de l’auto-dérision. Tout devient si sérieux.
Toute adaptation, à l’écran comme sur les planches, de ce monument de la littérature que représente “À la recherche du temps perdu” semble une entreprise, sinon vaine, pour le moins terriblement risquée. Comment, en effet, rendre, dans une durée forcément extrêmement réduite, toute la richesse de l’œuvre proustienne ? L’écriture de Proust (1871-1922), qui semble s’adresser à chaque lecteur de façon profondément individuelle, peut-elle se partager en public ? Et comment transmettre l’émotion d’une épiphanie, intime par essence ?
Rarement mais c’est à chaque fois remarquable, Kan Takahama, utilise dans ses cases le procédé photographique du flou, usant du champ et du contrechamp. Ainsi lorsque l’amant attend la jeune fille dans sa voiture à la sortie de sa pension, le point est fait sur la seconde, tandis que lui, apparaît comme un peu moins net. L’astuce est artificielle mais originale. « L’amant », le fameux roman autobiographique de Marguerite Duras qui obtint le prix Goncourt en 1984, vient de sortir en bande dessinée. Il y a donc eu le roman, l’adaptation de Jean-Jacques Annaud en 1992, une nouvelle version par Marguerite Duras intitulée « L’amant de la Chine du Nord » destinée à redresser et enrichir les faits, et sans compter une pièce de théâtre réalisée en 2011.
La Fab., le nouvel espace très attendu consacré à l’art contemporain par la créatrice de mode agnès b., a ouvert ses portes début février, place Jean-Michel Basquiat, dans le 13ème arrondissement de Paris. Ce nouveau lieu parisien regroupe désormais, sous un même toit, la collection d’œuvres d’art d’agnès b., dévoilée progressivement au public à raison de trois expositions thématiques par an, l’historique galerie du jour fondée en 1984 et la librairie du même nom, déjà présente autrefois rue Quincampoix. Photographies, dessins, peintures, sculptures, installations, vidéos et films composent cette collection de plus de 5000 pièces. Une première sélection de 150 œuvres autour du thème de “la hardiesse” est actuellement présentée jusqu’au 23 mai. Bienvenue dans l’univers d’agnès.b!
C’est probablement le seul ou l’un des rares moments de poésie qui ressort de la série de trois documentaires réalisés par Patrick Rotman sur le Goulag. C’est l’image d’un homme qui patine devant le camp de Vorkouta afin d’exprimer sa joie d’en être libéré. Stanislas était un Polonais, combattant de l’armée clandestine durant la guerre. Évadé d’Allemagne, il est fait prisonnier par les Russes et aussitôt déporté à Vorkouta, dans l’extrême-nord de la République socialiste soviétique autonome des Komis. En détention apprend-on, il réussit à fabriquer un appareil photo avec lequel il prend des clichés du camp. Sans doute qu’en 1956, lorsqu’il est enfin libre, a-t-il confié l’appareil à quelqu’un afin qu’il l’immortalise en train de patiner de joie sur le sol gelé. À la réflexion, à la 48e minute des trois volets sur le Goulag, c’est bien le seul joli moment qui nous est offert. Pour le reste c’est plus difficile.
Partenaires de la plume et de l’encrier, ils pouvaient tout éponger. Grâce à eux, un écrivain s’était même pris un jour à rêver sur le rivage d’une tache d’encre. Avec l’arrivée du stylo bille, de la machine à écrire, de l’ordinateur, du clavier téléphonique, on pouvait croire les buvards au rencart, tout juste bons comme supports publicitaires, à faire la joie des collectionneurs. Mais on en trouve toujours des neufs à la vente dans les papeteries car ils servent aux amateurs de calligraphie. Pour sept euros et vingt centimes, il est encore possible d’acheter une pochette de dix, chacun siglé de la marque Herbin dont l’origine remonte à Louis XIV. De quoi donner envie d’écrire à la plume une correspondance de papier, celle qu’aucun flic ou indic numérique ne pourra jamais repérer. C’est très tentant.
Contrairement au sujet de la précédente exposition (“Fêtes et kermesses au temps des Brueghel“ : succès à l’avance assuré), le thème actuellement proposé par le Musée de Flandre à Cassel (Nord) peut sembler aride, austère, voire rébarbatif. Sous le titre « Sacrée architecture ! », l’établissement expose une cinquantaine de tableaux des 16e et 17e siècle représentant exclusivement des intérieurs d’églises des Flandres ou des Pays-Bas. Tous ces tableaux appartiennent au même collectionneur, ce qui constitue une autre particularité.
Comme chaque année à la même saison, Radio France nous a proposé son festival « Présences », le trentième, un shoot à haute dose de musique contemporaine ramassé sur un petit peu plus d’une semaine, du 7 au 16 février. L’occasion pour les fans de se délecter, et pour les autres, sait-on jamais, de faire quelque découverte. Quant à moi, je me situe plutôt dans le second camp.
La thématique s’annonçait passionnante. Pour sa nouvelle exposition, le beau musée du Jeu de Paume s’était donné pour objectif d’aborder le « Supermarché » des images, dans un monde monde saturé par l’image, bien loin de l’époque lointaine où la reproduction de quelque chose ou de quelqu’un se limitait à un simple reflet dans l’eau. L’idée était bonne, le sujet hautement contemporain dans la mesure où tout un chacun fait des images puis les publie sur les réseaux sociaux dans l’espoir de collecter des « like ». Mais le rendu de l’affaire est presque complètement passé à côté de la cible annoncée, à quelques exceptions près, comme cette proposition vidéo de Martin Le Chevallier (ci-dessus) qui a collecté des témoignages des travailleurs du clic, ces gens payés précisément pour gonfler les « like » et produire du commentaire à la demande. La voix monocorde de ces esclaves modernes s’inscrit, et c’est notable, dans le droit fil de l’idée générale.