Louise Lalanne, la cachette de Guillaume Apollinaire

Sur le pseudonyme qu’utilisait Guillaume Apollinaire en 1909 il y a plusieurs témoignages. Dans un ouvrage de 98 pages paru en 1956 chez l’éditeur Pierre Cailles, l’artiste Marie Laurencin, l’une des relations sentimentales majeures de Guillaume Apollinaire, écrivit que l’écrivain avait eu l’idée «d’inventer une femme poète», Louise Lalanne.

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Courant alternatif pour les frères Dufy

C’est la saison des fratries et des retrouvailles. Alors que les visiteurs du musée Jacquemart André découvrent en ce moment même la production de Martial Caillebotte au côté de son célèbre frère le peintre Gustave Caillebotte, le musée Marmottan Monet copie-colle le procédé avec les frères Dufy, Raoul et Jean.

L’hédoniste Raoul tout le monde le connaît au moins pour sa gigantesque «Fée électricité», impossible à rater depuis 1937, pour tout visiteur du Palais de Tokyo. C’est même de là que vient l’idée du titre de l’exposition qui débute le 14 avril au Musée Marmottan Monet : «Complicité et rupture ». Complicité parce que malgré les 11 années qui les séparent, Raoul (1877/1953) et Jean (1888/1964) étaient naturellement proches et leurs œuvres, assurément cousines. Continuer la lecture

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Dix secrets d’enfant

Aujourd’hui, Brann Renaud amorce une véritable rupture. Il ose dévoiler une série de tableaux couleur bleu nuit féérique. S’y jouent, dans la pénombre de somptueuses nuits étoilées, une dizaine de secrets d’enfant : une mise à nu saisissante quand on sait le caractère quasi inaccessible de ce genre d’histoires. Tissées à l’écart de toute manipulation adulte, elles touchent sincèrement au drame, à l’amour, au sexe et à la mort. D’habitude, seuls les enfants les côtoient munis de leur fracassante innocence. Adulte, il fallait donc être téméraire pour les croquer, les mettre en scène.

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Brann Renaud ancre la peinture dans la photographie

Des premiers portraits de jeunes femmes en pied (2004) jusqu’à la dernière série bleue nuit féerique (2011), Brann Renaud a creusé, tordu, défié si bien l’idée de réalisme, qu’il atteint aujourd’hui des mondes merveilleux. Un cheminement de l’étrange habilement mené. Pour révéler le détail qui trouble, le peintre ancre d’abord solidement le réel grâce au même procédé : toutes ses productions sont issues de photographies. Soit il compose à partir d’objets la scène ensuite photographiée, soit il fait poser des personnes de son entourage, généralement, ses amis, sa famille. Le tableau peint reste extrêmement fidèle à cette composition d’origine. Et au premier regard, on pourrait se croire devant une photographie ; tant le traitement lisse et subtil de la matière-peinture en fait oublier la rugosité, l’épaisseur, bref les impacts parfois lourds et rebutants d’un pinceau inutilement agité.

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Le plaisir était dans les passages

Les « passages couverts » de Paris, c’est le sujet qui fleurit régulièrement, dans les suppléments consacrés à Paris. Pourtant l’exposition (gratuite) qui a lieu depuis le 23 mars au Louvre des Antiquaires vaut bien un mot dans Les Soirées de Paris et un crochet pour ceux qui s’aviseraient de croiser à proximité.

Du 18e siècle, lorsque le concept germe dans les jardins du Palais Royal à aujourd’hui, l’exposition permet de se faire une culture à bon compte. C’est le Duc d’Orléans apprend-on qui a l’idée en 1786 de faire construire autour de sa demeure 3 galeries de bois couvertes capables d’abriter 120 boutiques. Soit-dit en passant ce n’est ni plus ni moins que le principe amélioré des rues à arcades comme à Turin, au hasard, qui  en possède des kilomètres.

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The Company Men cumule les stéréotypes

Si la vie est une longue suite de suite de clichés alors «The company men» en est l’un des diaporamas. Le film, réalisé par John Wells, s’intéresse à trois hommes échelonnés dans la hiérarchie d’une grande entreprise américaine en difficulté. L’un après l’autre ils vont être licenciés, y compris l’homme le plus poche du PDG, incarné par Tommy Lee Jones. Continuer la lecture

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Un couple à la dérive au Théâtre Ouvert

La Place Blanche n’a pas mauvaise mine, elle broie du noir. La faute au Théâtre Ouvert, niché dans la délicieuse Cité Véron, qui nous propose «De l’amour», jusqu’à … demain soir, le 2 avril, en partenariat avec le Théâtre de la Ville. Scènes de ménage d’un couple en conflit perpétuel, deux êtres qui ne se sont jamais aimés mais qui sont bien incapables de se quitter. La vie s’écoule, la mort est une libération. Ce n’est pas gai, mais quel bon moment de théâtre ! Continuer la lecture

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Pétard mouillé au Théâtre de la Ville

Le Théâtre de la Ville nous a offert une belle leçon en invitant VA Wölfl du 24 au 29 mars. Une bonne leçon de vacuité théâtrale, un grand moment de solitude, où l’on pense vite à la prise d’otages, où l’on espère la sortie, le bon air printanier de la Place du Châtelet.

Le titre déjà laisse songeur et présente toute l’arrogance malheureusement de l’oeuvre : «Ich sah : Das Lamm auf dem Berg Zion, Offb. 14,1». Et pour ceux qui ne maîtrisent pas la douce mélodie allemande, «Et je vis l’agneau sur la montagne de Sion, Apocalypse 14,1». Brrrhhh ! Nous ne sommes donc pas là pour rigoler, comme nous le rappellent le crâne et le Christ en Croix du livret, mollement distribué par les hôtesses vêtues de noir (what else?) et au visage déconfit (elles sont là chaque soir, dur). Contribuable parisien, toi qui aussi a financé cette représentation, je t’offre ce billet. Continuer la lecture

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L’Expérience Kubrick

Après Berlin, Zurich, Gand, Rome et Melbourne, c’est à la Cinémathèque de Paris que s’installe du 23 mars au 31 juillet 2011, l’exposition dédiée à l’un des cinéastes les plus fascinants au monde, Stanley Kubrick. Photos et films de tournage, documents de recherche, correspondances, scénarios, accessoires, costumes, maquettes … L’immersion dans la Planète Kubrick est réussie et inédite en France. Les tableaux peints par sa femme, la maquette du labyrinthe de Shining, les robes et les souliers vernis des jumelles dans l’hôtel Overlook, les accessoires de Lolita, les masques vénitiens d’Eyes Wide Shut… Le souci du détail (une obsession chez Kubrick) ne peut qu’enchanter les fans du cinéaste (qui arrivent de toute façon déjà conquis). La rétrospective de la cinémathèque met en avant l’extrême diversité de sa filmographie : du film noir (L’Ultime Razzia), à la science fiction (2001 : l’Odyssée de l’espace), en passant par l’anticipation sociale (Orange mécanique), la reconstitution historique (Barry Lyndon) ou  l’épouvante (Shining), jusqu’au film de guerre (Full metal jacket). Dans son œuvre, en toile de  fond, Kubrick, s’interroge sur la nature humaine et sur l’avenir de l’humanité qui le fait douter. L’exposition revient même sur ses projets de films qui n’ont jamais abouti, comme Napoléon qu’il aurait dû tourner pour la MGM ou Aryan Papers, le film sur la Shoah qu’il a abandonné lorsqu’il a su que Steven Spielberg préparait la liste de Schindler. Continuer la lecture

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Rock n’Tea

Têtes de mort sur les tapisseries, rock n’roll anglo-saxon en fond (très) sonore, salon de tatouages en sous-sol ? Ne nous y trompons pas nous sommes ici dans un salon rock où l’on peut prendre un thé et savourer les délicieuses pâtisseries présentées sous cloches au bar, mais en aucun cas dans un salon de thé rock n’roll. Le nom du lieu le laissait d’ailleurs assez bien présager : «Horror Picture Tea» !  Continuer la lecture

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