Fauve, anarchiste et mondain, voilà comment le musée d’Art moderne a choisi, 20 ans après la précédente, de titrer une nouvelle exposition dont le sujet est Kees Van Dongen. Portraitiste, coloriste de l’extrême, l’artiste d’origine hollandaise n’a pas toujours fait l’unanimité.
Dans un livre paru en 1990 et dans un préambule en forme de glossaire, Gilbert Lascault rappelait que Guillaume Apollinaire avait écrit en 1908: «M. Van Dongen manifeste brutalement des appétits formidables» ce qui n’est pas encore une prise de position mais, deux ans plus tard, il le fusille par cette réflexion : «Les tableaux de M.Van Dongen sont l’expression de ce que les bourgeois souffrant d’entérite appellent aujourd’hui de l’audace. Pour ma part, j’y vois bien quelques dons de peintre, mais aussi une vulgarité que l’artiste cherche à transformer en brutalité.» Quelques vives attaques plus tard, Apollinaire adoucira quelque peu sa position pour reconnaître, en 1918 dans la revue Les Arts à Paris que Van Dongen «a le premier tiré de l’éclairage électrique un éclat et l’a ajouté aux nuances. Il en résulte une ivresse, un éblouissement, une vibration…». Continuer la lecture →