Une jeunesse est passée
Toute
A son souci
Occupée
Aux bords de l’été.
Avec ses gros yeux moches et blanchis, ce pensionnaire de l’enceinte tropicale des serres d’Auteuil semble interroger le visiteur sur son avenir. Le 13 février, la Fédération française de tennis (FFT) doit rendre une décision sur le projet d’extension du stade Roland Garros sur sa voisine directe, les serres d’Auteuil.
Les jardins des serres d’Auteuil font partie de ces rares endroits parisiens où le visiteur peut compter sur un séjour à peu près paisible.
Créé en 1761 par Louis XV, ce jardin de 6 hectares risque de se voir amputé d’une tranche au profit d’un nouveau court de tennis estampillé Roland Garros et pouvant accueillir 5000 spectateurs (7000 selon le texte qui rassemble quelque 30 000 pétitionnaires). Le complexe tennistique n’est séparé du jardin que par l’avenue Gordon Bennet. Continuer la lecture
Do you speak English? Yes, I do and I have to, anyway. L’anglais, on ne peut pas y échapper. La langue de Shakespeare, des Beatles et des Rolling Stones, de Lady Gaga et de Sa Majesté la Reine d’Angleterre n’est plus une matière comme les autres, c’est une nécessité, un gage de liberté pour qui veut survivre dans le monde moderne. Continuer la lecture
La semaine passée je causais avec mon fils de cinq ans des rêves et de la réalité. Et, ne pouvant pas encore lui exposer la féérie des spectacles de James Thierrée, je lui ai menti par omission et non sans remords concernant la tournée du Père Noël.
Car même s’il ne pourra jamais apporter à mon rejeton au pied du sapin le présent qu’il espère plus que tout au monde (disons, le tout nouveau château-fort Playmobil), James Thierrée est bel et bien un magicien hors pair. Continuer la lecture
Que peut bien regarder cet homme ?
Nous sommes en 1900, 1903. La trentaine bien sonnée, lunettes rondes sur le nez et ces mains qui ont l’air si malhabiles, si peu fiables, si hésitantes. Il semble contempler intensément quelque objet dans la posture figée d’un husserlien en pleine «épochè». Avec l’air étonné d’un prophète attendant sa prophétie ou de l’élève studieux, hypnotisé par ce qui lui est dicté. Continuer la lecture
C’est durant sa convalescence en 1917 que Guillaume Apollinaire invente le terme de surréaliste, d’abord en regard d’un ballet (Parade) donné par Cocteau, Picasso, Satie et Massine puis, lorsqu’il crée sa pièce Les Mamelles de Tirésias le 16 juin de la même année (mais dont l’inspiration visant à moquer les féministes de la Troisième république date de 1903). Continuer la lecture
Fantasque et fantastique artiste québécois, Pierre Lapointe nous rend visite. Une de plus, et on ne s’en lasse pas. Car cette fois le pas encore trentenaire pose simplement son piano sur scène en guise de formation musicale, le 7 février au vénérable Théâtre de l’Atelier.
«Seul au piano», et vogue le navire, celui des amours perdues, de la liberté au bout du chemin … bref, au fond, encore un chanteur pseudo-romantique à Montmartre, propre à emporter les suffrages des oreilles faciles et des jeunes adoratrices ? Pas que. Continuer la lecture
Il est difficile de distraire en filmant l’ennui. Se faire l’avocat du dernier film de Sofia Coppola, Somewhere, n’est pas moins compliqué tellement le film aurait également pu s’appeler « nowhere » ou encore « dead end ». Et pour décourager toute tentative de défense de Somewhere, voici les mots et expressions entendus à la volée après le générique de fin, dans la salle et sur le trottoir : « c’est nul », « c’est l’arnaque », « y’a pas d’histoire », « on aurait mieux fait d’aller voir xx au moins on se serait marrés ». Continuer la lecture
Il pleuvait fort généreusement hier soir sur les Champs-Elysées à l’issue de la représentation de Rain au Théâtre du Rond-Point. Comme si la féerie du Cirque Eloize avait envahi la ville. Pas si étonnant que ça au regard de l’énergie déployée sur scène par cette troupe de comédiens, musiciens, danseurs, jongleurs, trapézistes, clowns et autres impressionnants « Monsieur Muscle ». Continuer la lecture
Voilà un moineau complice d’une grave infraction.
En laissant son repas au grand air, composé d’une miche de pain et d’une boîte de filets de maquereaux, un marchand du marché aux livres d’occasion (situé aux abords du parc Georges Brassens, Paris, XVe arrondissement), enfreint la loi. Car il est interdit de nourrir les oiseaux. Continuer la lecture