Rêve général, toutes affaires cessantes

Rêve général de Nathalie Peyrebonne. Photo: Les Soirées de ParisDéviant, hérétique, corrosif, inconvenant, insolent, incorrect, impertinent, le tout petit livre écrit par Nathalie Peyrebonne, est un drôle de pied de nez au monde du travail. « Rêve général » édité chez Libretto invite à se poser cinq minutes et même plus que cinq minutes.

Soit quelques personnages comprenant un Premier ministre, un enseignant ou encore une conductrice de métro, qui se voit frappés un même matin d’un coup de flemme magistral, alors même qu’à l’Elysée un président trépigne sans jamais faire de pause autour de la valeur travail dont il se veut le totem impétueux.

Chacun d’eux pile à l’instinct devant un signal « stop » qui s’allume au milieu de leurs méninges. Céleste par exemple, est aux manettes d’une rame de la ligne 13, cette ligne connue pour être exécrée par ses passagers aux heures de pointe. Et voilà qu’à la station Place de Clichy, elle quitte son poste de conduite pour rejoindre la surface. Ca lui a pris comme ça avec l’idée que sa vie ne pouvait pas se limiter à enquiller les tunnels dans un sens puis dans l’autre. Tous les jours.

Les personnages créés par Nathalie Peyrebonne sont tous saisis d’un même symptôme qui les conduit à arrêter ce qu’ils étaient en train de faire, toutes affaires cessantes ce qui est bien le cas le dire et, sans idée d’enchaîner sur autre chose.

Rêve général de Nathalie Peyrebonne. Photo: Les Soirées de Paris

Rêve général de Nathalie Peyrebonne. Photo: Les Soirées de Paris

La France se voit frappée du même mal jusqu’aux gardes républicains qui veillent sur l’Elysée. Jusqu’à Bertrand, serveur, qui ne supporte plus son patron gueulard « qui croit encore être à l’âge de la toute puissance du nourrisson » qui « hurle et exige de voir ses désirs exaucés sur le champ ». Chacun en connaît au moins un(e) comme ça.

Ce livre sait être plaisant et drôle. Dans d’autres pays il vaudrait à son auteur quelques années dans un camp de rééducation. « Rêve général » est un genre d’appel au boycott immédiat qui vous susurre que vous n’êtes finalement à la disposition de personne.

L’ouvrage rappelle donc à son lecteur qu’il est libre et que cette liberté, que n’ont pas incidemment les prisonniers ou les personnes affectées par des maladies handicapantes, il n’en fait scandaleusement rien.

« Rêve général » est conseillé aux personnes influençables.

7,70 euros, 119 pages, Editions Libretto.

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2 réponses à Rêve général, toutes affaires cessantes

  1. Marie dit :

    A ne pas lire avant d aller au boulot…

  2. de FOS dit :

    Je me souviens d’avoir suggéré – pour rire ! – à un patron d’adopter pour message vocal d’attente téléphonique la chanson de China Forbes (groupe Pink Martini) « Je ne veux pas travailler, je ne veux pas déjeuner… ». Une chanson tirée du court poème d’Apollinaire intitulé « Hôtel ».

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