La Porte de Charenton en toute discrétion

Vue depuis la Porte de Charenton. Photo: LSDPUn petit café est encore là pour témoigner de l’activité ferroviaire de la Porte de Charenton. Il s’appelle « Les trois gares ». Mais l’une des gares qui surplombe la vallée de rails s’échappant de Paris est devenue un club de karaté. Aujourd’hui il faut compter plutôt sur la station de tramway toute récente et celle du métro inaugurée en 1931. Lieu en apparence des plus ordinaires, dont la destination reconnaissons-le ne vient pas spontanément à l’esprit, la porte de Charenton mérite néanmoins un arrêt en gare pour son… panorama.

Normalement pour qui veut jouir pleinement d’une vue de Paris, il suffit d’aller se jucher sur le haut de Ménilmontant ou de Montmartre pour un spectre à 180 degrés et, au faîte de la Tour Eiffel ou de Montparnasse pour le panorama circulaire.

Mais le site de la Porte de Charenton n’est qu’un croisement ordinaire duquel il est possible de choisir son point cardinal avant de s’y rendre et ce, depuis les Romains auxquels on doit le tracé de la rue de la Charenton. Mais ce qui caractérise vraiment l’endroit n’est pas inscrit à l’inventaire des circuits touristiques.

Ce doit être cependant l’un des lieux Paris aux perspectives les plus dégagées. Le regard y porte loin. Notre vision du monde s’y élargit considérablement en enjambant les voies de chemin de fer, la Seine et le périphérique jusqu’à l’incinérateur d’Ivry qui, à cette distance, joue les cargos en escale.

La Porte de Charenton c’est ainsi, ne donne pas envie de passer immédiatement son chemin pour qui prend la pleine d’y faire une pause. Il y a cette petite pinède en triangle qui évoque un terrain de boules à Antibes. Et ce stade Léo Lagrange dans son jus 1930 dont il ne faut pas hésiter à franchir les portes pour observer diverses communautés sportives en action, dans un cadre bucolique au doux désordre. Il y est cultivé un de ces climat de voisinage qui espérons-le n’attirera pas la suspicion de la Mairie de Paris toujours prompte à dénoncer l’entre-soi lorsque les intérêts supérieurs des élites sont en jeu.

Le début de la rue de Charenton et son sentier vraiment naturel. Photo: LSDP

Le début de la rue de Charenton et son sentier vraiment naturel. Photo: LSDP

Bien avant qu’elle ne rejoigne la Bastille, la rue de la Charenton est dans son début bien agréable à emprunter y compris via un sentier naturel dû aux piétons. Les urbanistes ne sont pas encore passés par là et il y règne une écologie qui ne leur doit heureusement rien.

Ce croisement qui permet de rentrer dans Paris, de filer discrètement en Bourgogne par la nationale 6 ou de glisser sur le ruban vert tout neuf du tramway est aussi le bout d’un axe qui forme tout du long une jonction heureuse avec la Porte Dorée, autre spot de villégiature réussi. C’est tout le bonheur de la vie sur les boulevards des Maréchaux dont la Porte de Charenton nous offre un échantillon subtil quoique discret.

PHB

Les bâtiments du stade Léo Lagrange dans leur style 1930. Photo: LSDP

Les bâtiments du stade Léo Lagrange dans leur style 1930. Photo: LSDP

Le café des "Trois gares" sur le boulevard Poniatowski. Photo: LSDP

Café des « Trois gares » sur le boulevard Poniatowski. Photo: LSDP

La gare ancienne devenue eun club de karaté. Photo: LSDP

La gare ancienne devenue un club de karaté. Photo: LSDP

 

 

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Une réponse à La Porte de Charenton en toute discrétion

  1. Frédéric MAUREL dit :

    c’est presque (mon) quartier maintenant et je l’emprunte régulièrement pour rentrer chez moi, à moins d’un kilomètre en contrebas, en descendant du tramway / mais effectivement, une balade plus attentive ne serait sans doute pas un luxe… merci pour ce zoom grillagé !

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