L’Atelier de Joël Robuchon survend sa notoriété

Les pièges sont faits pour être trompeurs. De l’extérieur, surtout s’il fait froid, l’Atelier de Joël Robuchon donne envie d’entrer. De très tôt dans la soirée jusqu’à beaucoup plus tard, le promeneur de la rue Montalembert a le regard immanquablement attiré par le décor chaleureux du lieu avec ses deux bars où l’on dîne et où les places libres sont rares. La formule a semble-t-il du succès.

 

Alors la notoriété de monsieur Robuchon, ajoutée aux atours aguicheurs de ce restaurant à part, fait qu’un jour on entre pour y dîner. A 19h20 il n’y a plus que quelques places libres et l’on se dit qu’on a bien fait de venir tôt. Assis très serré entre deux convives on consulte la carte et là, c’est pour dire, on essaie de se remémorer son dernier relevé de compte bancaire afin de voir si on peut faire face. L’idée du régal à venir dissolvant à l’avance la punition d’une addition trop élevée, on se maintient tout de même sur son tabouret rembourré et on commande.

La main sur le portefeuille nous avons décidé de nous passer d’entrées, aidés il est vrai par une petite faim que justifiait l’heure précoce. En attendant nous avons dégusté sur les conseils du sommelier un verre de Meursault 2009 absolument agréable au nez comme au palais mais à 23 euros le petit verre, pardon de la formule, il pouvait être bon. De la taille d’un millefeuille nous avons vu ensuite arriver un saumon sauvage laqué au sésame doré. Il était bon et à 59 euros ça nous a un peu rassurés. Quant à la sole meunière pour un euro de plus (60 donc) elle nous est apparue un peu perturbante pour son prix tellement elle était normale et susceptible d’être servie avec le même goût un peu n’importe où, exception faite de  la couleur de sa peau très travaillée, on aurait dit un Miro.

Mais la grande plaisanterie dans l’affaire, c’est la purée, spécialité maison, nous a-t-on répété. Servie dans l’équivalent d’un volume de cendrier elle avait le goût et la consistance d’une purée en flocons. Elle ne figurait pas sur l’addition. Question de pudeur sans doute.

L’Atelier s’est rattrapé pour les desserts. Pour 17 euros dans les deux cas, nous avons eu un récipient de chocolat «tendance» assez raffiné dans ses nuances. Quant à la «sphère d’ivoire et mangue fraîche» elle pouvait se prévaloir des mêmes qualificatifs.

Ah oui, les verres étant servis un peu court en volume, nous avons commandé un seul verre supplémentaire de Pouilly 2009, lui aussi fort correct avec un prix allez, acceptable.

Pour 218 euros au total  et malgré un service aimable, la prestation gustative n’était pas au rendez-vous. Pour ce prix on peut aller manger aussi bien ailleurs avec deux convives supplémentaires. L’Atelier de Joël Robuchon mérite un détour au sens où il vaut mieux l’éviter.

Print Friendly, PDF & Email
N'hésitez pas à partager
Ce contenu a été publié dans Gourmandises. Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

4 réponses à L’Atelier de Joël Robuchon survend sa notoriété

  1. eric P dit :

    Vous fûtes rebuté par Robuchon, donc.
    Avez-vous au moins pu faire une note de frais pour « Les Soirées de Paris »?

  2. Steven dit :

    Cette purée est un joke

  3. Bouton dit :

    Finalement je préfère mes œufs mimosa et mon turbot aux olives.
    De plus la maison offre le verre de vin et le pain bio.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *