Le 14 octobre prochain, la maison Ader mettra en vente une lettre d’Apollinaire envoyée de Nîmes le 15 février 1915 et adressée au graveur et illustrateur nantais Jean-Émile Laboureur avec lequel il entretenait depuis longtemps des rapports très amicaux. Même si ce n’est pas vraiment ce qui en fait la valeur, l’un des intérêts de la lettre est le support sur lequel elle a été écrite. Comme pour un nombre important des autres courriers du poète, il s’agit du papier à en-tête imprimé « Café Tortoni » qui fut un des grands établissements connus de Nîmes. Apollinaire y avait pris ses habitudes lors des quatre mois passés dans la ville pour sa préparation militaire suite à son engagement. Le même jour que sa lettre à Laboureur, il écrivait au collectionneur parisien André Level pour lui fixer rendez-vous le mercredi suivant: « C’est le plus grand café de Nîmes et il n’est pas très loin de la gare. » Maintes fois retrouvé dans l’imposante correspondance du poète, l’en-tête est devenu une sorte de « marqueur » et un gage d’authenticité. À son arrivée, Apollinaire avait pourtant établi son quartier général au « Grand Café », boulevard de l’Esplanade, « établissement de 1er ordre » où se produisait toute l’année un « orchestre hors pair ». Continuer la lecture
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