Apollinaire dans la lentille d’un microscope

C’était la deuxième fois qu’un buraliste voulait lui refiler un carnet de timbres représentant des plats de haricots verts ou de petits pois et bien que cela ne fût que des timbres, la vague idée d’apposer sur une enveloppe, une empreinte assimilée à un plat de surgelés, le déprima. « Vous n’avez pas quelque chose de mieux ? » s’enquit-il. Et le buraliste lui dit, attendez, je vais regarder.

Il se trouve que La Poste, à l’occasion de l’exposition Gleizes-Metzinger dans son musée du boulevard Vaugirard en septembre 2012, avait émis trois millions cinq cents mille timbres à l’effigie de 12 œuvres cubistes, dont celles de Gleizes et Metzinger, bien sûr, mais aussi Picasso, Braque ou encore Fernand Léger.

A bien examiner ces timbres à la loupe car l’on peut imaginer la réduction drastique par rapport à l’œuvre originale, il est loisible de déceler dans ces carnets toujours en vente, une œuvre intitulée « Les trois poètes ». Et en passant de la loupe au microscope, sans trop d’erreur possible, apparaît le bon visage d’Apollinaire, promoteur du cubisme et ami de la plupart des protagonistes. Pas étonnant d’ailleurs puisque l’œuvre est signée Louis Marcoussis qui exécuta en son temps un fameux portrait du poète.

Dans ces conditions et pour 7,20 euros, l’on peut donc s’offrir non seulement un petit musée de poche, mais en plus conférer à sa correspondance une touche de modernité toujours d’actualité. Avec ce que le cubisme ajoute en plus de réconfortant en ces temps trop souvent indélicats pour l’œil et l’esprit. Si vous n’aviez pas vu cette belle exposition dont faisaient partie Les Soirées de Paris haute époque c’est par ici.

 

 

Print Friendly, PDF & Email
N'hésitez pas à partager
Ce contenu a été publié dans Apollinaire. Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

3 réponses à Apollinaire dans la lentille d’un microscope

  1. Bruno Sillard dit :

    Hé oui, à quoi reconnaît-on un journaliste des « Soirées » : une musette gonflée d’un passage chez un bouquiniste spécialisé dans A. (Je tais le nom pour des raisons évidentes de protection des sources…) Et surtout, émergeant d’une poche de veste déformée, un microscope. Important le microscope ! C’est final, même le microscope, comme dirait L-F C. (Je tais le nom pour des raisons évidentes) C’est final, le microscope, c’est final…

  2. Ravary dit :

    Quel dommage que le « Lacerba  » 1913 d Édouard Ferat (Serge) ne figure pas sur la série de timbres dédiés au cubisme
    Quel manque de tact envers cet artiste peintre admirable ,considéré par Jean Cassou comme un pionnier du cubisme .
    Il a pourtant joué un rôle majeur dans la reconnaissance du cubisme ,sous le pseudonyme de jean Cerusse dans la seconde periode 1913 -1914 de la revue d ‘avant – garde « les soirees de Paris  » dont il était propriétaire , qu il menait en tant que Directeur artistique en synergie avec son ami proche :guillaume Apollinaire Soirées de Paris 1912 de la revue et directeur artistique ,mais quand va -t – on lui rendre justice enfin ?
    Cet Enchanteur visuel d ‘ origine russe au nom difficile à prononcer (« Jastrebzoff » ,) de de Braque,d Apollinaire de Léger D’,Archipenko ,de Soffici ,Picasso l’appelait « j apostrophe « réalise à la demande d ‘ Apollinaire les décors costumes et masques du drame les mamelles de Tiresias joue au théâtre Maubel à Montmartre. En juin 1917 : Ne l ‘oublions plus ! Madeleine Ravary

  3. Philippe Bonnet dit :

    Je partage votre sentiment d’injustice chère Madeleine Ravary. PHB

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *