Il fallait ce qu’il fallait. Pour les nerfs malades, la sciatique ou pour les problèmes de pituites, on utilisait encore de l’huile de petits chiens. En 1784, Monsieur Baumé, maître apothicaire de Paris, écrivait que le remède nécessitait des chiots à peine nés, de l’huile d’olive et du vin blanc. On découpait les pauvres bêtes en petits morceaux et on les faisait frire dans un mélange d’huile et de vin tout en ayant soin de remuer l’ensemble avec une spatule de façon à ce que les ingrédients n’attachent pas. Le tout était mis en cruche fermée par un bouchon de liège et exposée au soleil durant deux à trois semaines. La recette différait sensiblement si l’on voulait de l’huile de fourmis, de scorpions, de vers, de cloportes ou de castors. Chaque espèce animale avait sa réputation envers différents types de maux. À lire cette cinquième édition des « Éléments de pharmacie théorique et pratique », imprimée peu avant la Révolution française, on mesure mieux les avantages acquis du monde moderne. Continuer la lecture
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L’hôpital, les pompes funèbres, la visite au curé, un dernier au revoir à la morgue, la préparation de la cérémonie, l’adieu en petit comité, l’après-cimetière et puis le tri de la maison alors que les souvenirs affluent et que commence l’impossible deuil… Avec “Avant que j’oublie” (2019), son premier roman pour lequel elle a reçu en juin dernier le Prix Livre Inter 2020, Anne Pauly fait bien plus que relater la mort de son père. De cet anonyme, elle trace un vibrant portrait tout en couleurs et creuse derrière les apparences. La nuance est son affaire. Son style si singulier, au franc-parler empli d’humour, nous emporte à la découverte de ce géant devenu un véritable personnage de roman. Un livre à lire. Un écrivain à suivre.
On connaissait les dix petits nègres, voilà les neuf traducteurs, enfermés dans un bunker de luxe pour produire simultanément, chacun dans sa langue, la version de L’homme qui ne voulait pas mourir, dernier tome de la saga Dédalus d’Oscar Brach.
Les Éditions Gallimard ont fait beaucoup de bruit médiatique récemment au sujet de la nouvelle traduction du livre de Philip Roth intitulé «Les Faits, Autobiographie d’un romancier». Nouvelle traduction signée Josée Kamoun, déjà traductrice de certains Roth, qui a jugé pertinent de reconsidérer ces (soi-disant) mémoires à la lumière de toute son œuvre, et alors que l’auteur a disparu le 22 mai 2018 (
Ce fut l’un des grands événements médiatiques de l’année. Le jeudi 22 janvier 1981, la télévision française retransmettait en direct du quai Conti la réception de la première académicienne élue quelques mois plus tôt au fauteuil de Roger Caillois. Marguerite de Crayencour, dite Marguerite Yourcenar, auteur(e) d’un certain nombre d’ouvrages de grande réputation, en particulier “L’Œuvre au noir“ et “Les Mémoires d’Hadrien“, avait obtenu en mars 1980 vingt voix, contre douze à l’ornithologue Jean Dorst, trois bulletins marqués d’une croix et un bulletin blanc. En 345 ans d’existence de l’Académie française, cette élection d’une femme était historique. L’événement connut un énorme écho, bien au-delà de nos frontières.
La sortie en DVD de la série “The Plot Against America” (1) prévue pour le 21 octobre prochain, après le succès rencontré par sa diffusion en France sur OCS au printemps dernier, est l’occasion de se plonger (ou se replonger) dans la lecture du roman éponyme de Philip Roth, “Le complot contre l’Amérique” (2004), dont elle est adaptée. Le romancier récemment disparu (2), auteur majeur de la littérature américaine, y fait, une fois de plus, montre de son immense talent à travers une chronique inventée, et parfaitement crédible, de l’Amérique à un moment charnière de son histoire. Une œuvre d’une grande intelligence, tout aussi captivante que bouleversante.
Le monde se divise en deux catégories : ceux qui aiment les voyages et ceux qui les redoutent. Il y a aussi ceux qui adorent les hôtels et ceux qui les considèrent comme une désagréable nécessité. Il existe encore une autre catégorie, plus rare et peut-être plus raffinée. Elle est constituée de ceux qui rêvent de passer leur vie à l’hôtel… et ne sont pas forcément amateurs de voyages. C’est surtout parmi les artistes et écrivains que l’on trouve ces voyageurs immobiles. Disparu en 2008 à l’âge de 94 ans, l’écrivain égyptien Albert Cossery, auteur notamment de “Mendiants et orgueilleux“, a résidé plus de soixante ans dans la même chambre de l’hôtel de la Louisiane, au cœur de Saint-Germain-des-Prés. Dans un autre registre, on sait que la comédienne Pauline Carton, très populaire au théâtre et au cinéma entre 1930 et 1960 grâce à ses rôles de concierge ou de femme de chambre, n’avait jamais, dans sa vie d’adulte, vécu ailleurs qu’à l’hôtel.
Le soir, quand vient l’heure de la fermeture des squares, les gardiens des lieux s’époumonent au bec de leur sifflet. Il est, à ce propos, temps de remarquer que l’usage du sifflement touche à sa fin. La présomption de harcèlement fait que plus personne ne siffle les filles (ou les garçons). Les TGV n’ont que faire des habitudes de leurs aïeux à vapeur. Il y a beau temps que la police ne fait plus la circulation aux carrefours et désormais, l’usage d’un masque terrasse toute ambition d’ouvrir les lèvres afin de siffloter. À vrai dire le masque n’y est pour rien, c’est l’époque qui manque de légèreté. Tant d’urgences convoquent le citoyen certifié coupable d’un peu tout à la fois qu’il en oublie la simple gaieté de siffler. S’y abandonner reviendrait à injurier l’actualité.
Même s’il est un peu réducteur, le titre donné donné par la Carus Gallery de New-York en 1982 au peintre français Felix Del Marle, « French Futurist », n’était pas mensonger. Le peintre né dans le nord de la France en 1889 est effectivement l’un des rares artistes français à s’être illustré dans le mouvement futuriste dès ses premières manifestations à Paris. Tout juste âgé de 23 ans, le jeune homme, qui avait rompu avec sa famille pour se consacrer exclusivement à son art, adhéra pleinement aux théories prônées par un groupe d’intellectuels italiens menés par le poète Tomasso Marinetti. Ce futurisme vantait la vitesse, la mécanisation, le machinisme, en somme tout ce qui constituait la modernité industrielle.
On ne sait pas si Jean-Luc Godard ferait preuve de la même modestie que le musicien qu’il avait recruté pour son film « À bout de souffle » (1960). Alors que la musique de Martial Solal, composée pour l’occasion, nous apparaît à nous spectateurs comme indissociable du symbole cinématographique de la nouvelle vague. Martial Solal, qui aura 93 ans le 23 août, disait en 2002 à l’occasion de la parution d’une collection de musiques de films créée par la marque Universal, que si « À bout de souffle » n’avait pas existé, la musique imaginée pour accompagner Jean Seberg et Jean-Paul Belmondo à l’écran, n’aurait pas rencontré « d’intérêt particulier ». Voire. Quand on l’écoute en faisant mentalement abstraction du film, elle se suffit à elle-même. C’est du bon, du très bon jazz qui a su s’affranchir de l’époque qu’il caractérisait.