Bon sesterce ne se dévalue jamais

Lucius et Decimus devisaient sur les bords du Rhône en ce matin du 11 août 166. Bien mis, à l’aise dans leurs sandales carmin, ils n’avaient d’yeux que pour la marchande de fruits. Elle était encore pour l’heure un enjeu abstrait qu’ils avaient décidé de départager à pile ou face. Le gagnant aurait le droit de l’entreprendre et, si l’opération échouait, le perdant prendrait le relais. Le vent avait enfin cessé de souffler sur Arles, chacun s’apprêtait à profiter de cette journée d’été. Le plus adroit des deux était Decimus. Il s’amusa un long moment à faire voler la pièce à la verticale de ses mains. C’était un beau sesterce de bronze de 20 grammes environ et qui rendait un joli son mat lorsque par hasard il retombait sur les pavés. Mais Decimus était habile.  Et la pièce à l’effigie d’Antonin le Pieux voltigeait gaiement au-dessus de ses mains. Lucius voulut troubler ce perpétuel équilibre d’une tape dans le dos de son camarade lequel fit un pas de côté, tenta un mouvement rapide pour récupérer la pièce qui lui échappa malgré tout et tomba dans le Rhône. Les deux amis s’éloignèrent en riant. Tant pis pour la marchande de fruits qui ignorait ce qui se tramait. Continuer la lecture

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La folie prend le pouvoir à Chaillot

L’Avenue Montaigne s’encanaille. Pour 58 euros à l’orchestre, et 20 euros tout là-haut (hors frais de réservation, s’il vous plaît), le bourgeois peut y contempler actuellement, à la Comédie des Champs-Elysées précisément, la Folle de Chaillot. Le décor est clairement posé, manichéen en diable. Côté cour, l’obscurité du financier, côté jardin, la lumière des sans-le-sou. Devinez qui va l’emporter … Continuer la lecture

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Hitchcock, l’homme imparfait

Le grand frisson, les eaux troubles… C’est Hitchcock. Mieux que tout autre cinéaste, il brouille les pistes, vous fait perdre toute notion du réel et de l’irréel, crée scène après scène un climat anxiogène. Confortablement assis dans votre cinéma de quartier, il réussit à vous embarquer, malgré vous, et à vous faire ressentir dans tout le corps, une tension qui va crescendo. Continuer la lecture

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Devoir de mémoire

Il faut quand même un sacré cran de nos jours pour lancer un journal quand tout le monde vous balance à la figure que le papier est mort. Du cran, du culot et même une foi à toute épreuve pour publier un trimestriel dont le fondement éditorial est la culture générale et sa mémorisation. Assez justement baptisé « L’éléphant », ce nouveau titre est sorti en janvier. Les premiers résultats sont prometteurs. Reste à réussir le numéro deux, une épreuve toujours délicate. Continuer la lecture

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Noëlla Pontois au firmament

Une fable. Celle de la rencontre entre un petit rat et un éléphant. La scène se déroule jusqu’au 29 mars en plein Paris, rue Volney, à deux pas chassés de l’Opéra. En clair, Eléphant Paname, nouveau lieu de bouillonnement artistique, consacre une exposition à la danseuse étoile Noëlla Pontois. Un délicieux hommage pour ceux que le prix dela visite (12,50 euros …) ne rebutera pas. Continuer la lecture

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Shall we not dance ?

On y était allées les yeux fermés, confiante en la créativité de Maguy Marin, largement consacrée durant le dernier Festival d’Automne. Nocturnes, œuvre de Maguy Marin et Denis Mariotte, créée en septembre 2012, était reprise les 7 et 8 février à l’Espace 1789 de Saint-Ouen, dont on salue au passage la variété de programmation et l’accueil chaleureux. Continuer la lecture

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Mise en perspective cubique

Alors voilà, c’est une histoire, vraie autant que je puisse m’en souvenir.  Non je recommence, c’est une histoire vraie, mais tellement étonnante que il m’est arrivé d’en douter. Et puis non, j’en ai été le témoin. « Bruno je t’arrête, tu n’as pas envie de raconter autre chose, genre le cinéma hollywoodien et les juifs, par exemple, non ? » Continuer la lecture

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Françoise Giroud pour les intimes

Rendre hommage et faire rendre gorge… Alix de Saint-André fait coup double dans son dernier livre publié chez Gallimard l’année du dixième anniversaire de la disparition de Françoise Giroud. Entrée dans l’intimité de cette femme d’action et d’exception, elle en révèle certains traits méconnus tout en corrigeant les erreurs de ses biographes.  Il n’est jamais très simple d’intervenir en dernière position quand on connaît si bien le sujet… Sauf à s’employer à démolir ce qui précède.   Continuer la lecture

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Le Journal d’un poilu, salutaire témoignage à hauteur de tranchée

14/18. Toute l’horreur des tranchées derrière ces quatre chiffres, le souvenir d’une génération sacrifiée. En nette avant-première de la commémoration du centenaire de la Der des Ders, le Théâtre la Bruyère présente le « Journal d’un poilu » d’Henri Laporte, récit profondément humain de la routine du front. Continuer la lecture

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Joël Pommerat sur le 38e parallèle

Encore une histoire d’amour ?! Une histoire de l’amour plutôt. Mais l’action se déroule lorsque ce sentiment est mort. Sans espoir de retour. La réunification des deux Corées, que Joël Pommerat présente aux Ateliers Berthier de l’Odéon, est cette hypothèse de l’harmonie du couple qui relève ici du pur fantasme. Un bijou de théâtre, dans le fond et dans la forme. Continuer la lecture

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