Pétard mouillé au Théâtre de la Ville

Le Théâtre de la Ville nous a offert une belle leçon en invitant VA Wölfl du 24 au 29 mars. Une bonne leçon de vacuité théâtrale, un grand moment de solitude, où l’on pense vite à la prise d’otages, où l’on espère la sortie, le bon air printanier de la Place du Châtelet.

Le titre déjà laisse songeur et présente toute l’arrogance malheureusement de l’oeuvre : «Ich sah : Das Lamm auf dem Berg Zion, Offb. 14,1». Et pour ceux qui ne maîtrisent pas la douce mélodie allemande, «Et je vis l’agneau sur la montagne de Sion, Apocalypse 14,1». Brrrhhh ! Nous ne sommes donc pas là pour rigoler, comme nous le rappellent le crâne et le Christ en Croix du livret, mollement distribué par les hôtesses vêtues de noir (what else?) et au visage déconfit (elles sont là chaque soir, dur). Contribuable parisien, toi qui aussi a financé cette représentation, je t’offre ce billet. Continuer la lecture

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L’Expérience Kubrick

Après Berlin, Zurich, Gand, Rome et Melbourne, c’est à la Cinémathèque de Paris que s’installe du 23 mars au 31 juillet 2011, l’exposition dédiée à l’un des cinéastes les plus fascinants au monde, Stanley Kubrick. Photos et films de tournage, documents de recherche, correspondances, scénarios, accessoires, costumes, maquettes … L’immersion dans la Planète Kubrick est réussie et inédite en France. Les tableaux peints par sa femme, la maquette du labyrinthe de Shining, les robes et les souliers vernis des jumelles dans l’hôtel Overlook, les accessoires de Lolita, les masques vénitiens d’Eyes Wide Shut… Le souci du détail (une obsession chez Kubrick) ne peut qu’enchanter les fans du cinéaste (qui arrivent de toute façon déjà conquis). La rétrospective de la cinémathèque met en avant l’extrême diversité de sa filmographie : du film noir (L’Ultime Razzia), à la science fiction (2001 : l’Odyssée de l’espace), en passant par l’anticipation sociale (Orange mécanique), la reconstitution historique (Barry Lyndon) ou  l’épouvante (Shining), jusqu’au film de guerre (Full metal jacket). Dans son œuvre, en toile de  fond, Kubrick, s’interroge sur la nature humaine et sur l’avenir de l’humanité qui le fait douter. L’exposition revient même sur ses projets de films qui n’ont jamais abouti, comme Napoléon qu’il aurait dû tourner pour la MGM ou Aryan Papers, le film sur la Shoah qu’il a abandonné lorsqu’il a su que Steven Spielberg préparait la liste de Schindler. Continuer la lecture

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Rock n’Tea

Têtes de mort sur les tapisseries, rock n’roll anglo-saxon en fond (très) sonore, salon de tatouages en sous-sol ? Ne nous y trompons pas nous sommes ici dans un salon rock où l’on peut prendre un thé et savourer les délicieuses pâtisseries présentées sous cloches au bar, mais en aucun cas dans un salon de thé rock n’roll. Le nom du lieu le laissait d’ailleurs assez bien présager : «Horror Picture Tea» !  Continuer la lecture

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L’addition de la Canopée joue les crêpes flambées

Les bonnes informations sont toujours dans le Parisien si l’on veut bien excuser cet excès de confraternité. Dans son édition du samedi 26 mars 2011, le quotidien révélait que l’addition relative au coût de la Canopée (réaménagement des Halles) avait fait un bond de 29,17% soit de 120 à 155 millions d’euros. Selon le journal la commission d’appel d’offres de la ville de Paris a procédé à ce réajustement financier le 25 janvier.

Il apparaît que des contraintes techniques liées à la pose des 14 000 mètres carrés (1,4 hectare) de la Canopée sont en cause. La rémunération des architectes (Berger et Anziutti) a été en conséquence et légalement revue à la hausse passant de 23,4 à 30,1 millions d’euros. Continuer la lecture

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S : une chorégraphie pure et poétique de José Navas

Dans le cadre d’Artdanthé –le festival de danse contemporaine à Vanves-, le québécois d’origine vénézuélienne José Navas (Compagnie Flak) nous a offert, avec S, un spectacle délicieux qui évoque la nature humaine avec une grande sobriété et une grâce infinie. Huit interprètes d’abord revêtus d’un pantalon et d’un haut en toile blanche, légèrement transparents, puis à moitié dénudés, investissent l’espace – ensemble, en solo ou en duo. Tour à tour dans le silence ou sur les notes mélodieuses du pianiste français Erik Satie, ils semblent écrire une partition, parfaitement maîtrisée, délivrant ce message : et si tout était à écrire ? Continuer la lecture

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L’hypothèse de Laurence Albert

Le piège savamment tendu par «L’hypothèse des forêts» est le résultat de la somme d’égards que son auteur, Laurence Albert, déploie dès les premières lignes de son roman. On connaît des livres où «cela va mieux passé les 50 premières pages» et ceux, comme «L’hypothèse des forêts», où les mains câlines de l’auteur vous entraînent sans attendre  dans son maquis solognot.

A l’origine édité aux Editions Delphine Montalant, «L’hypothèse des forêts» vient de sortir dans la collection Pocket ce qui constitue une seconde chance pour ceux qui ne l’avaient pas lu.

Ce roman est construit comme un piège arachnéen en ce sens que, une fois franchi les premières pages, le demi-tour semble impossible. Les personnages créés par Laurence Albert, au centre desquels trône Rose, dépassent la simple construction littéraire et l’on se surprend très vite à s’inquiéter pour eux. Continuer la lecture

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L’amour des chaussures, par Miro

Il s’agit de deux tabourets, l’un à l’endroit l’autre à l’envers, cela s’intitule «Homme et femme dans la nuit» et c’est censé dégager selon le petit dépliant de l’exposition «Miro sculpteur», «une formidable tension érotique». La scénographie autour des œuvres sculptées de l’artiste vaut beaucoup mieux. S’il est difficile d’approuver, qu’avec  ses sculptures Miro a voulu selon ses propres termes, «assassiner la peinture», il n’en reste pas moins vrai que son travail vaut le détour et que sa vision, notamment des femmes, pique la curiosité.

L’une des caractéristiques de l’étiquetage de ses réalisations est que la plupart des temps, les représentations féminines sont nommées «femme» et que dans le cas contraire, il s’agit de «personnages». Mais les femmes sont dominantes, identifiables entre autres possibilités à leurs seins qui ressemblent à des fruits flétris par le dessèchement et l’abandon. Pour l’esthétisme et la séduction, il faudra repasser. Continuer la lecture

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Douze vieillards hilares s’emparent de Saint Merri

Mardi 15 mars, 21h, 76 rue de la Verrerie, alors que ça bouillonne dans le quartier du Marais, qu’un air tiède anime le printemps parisien,  nous sommes un petit groupe à patienter devant  l’église Saint Merri. Thomas Raimbaud et Miguel Torres, formés au Théâtre de masques, y joueront d’ici peu, «Les Douze»,  leur création, une performance théâtrale de la compagnie Immédia TMT.

Tandis que nous nous dévisageons discrètement, histoire de voir si nous serons les mêmes à la sortie, une jeune femme munie d’une lampe de poche, invite d’un ton ferme à la suivre : nous allons pouvoir pénétrer dans l’église. Mais une fois à l’intérieur, attention à rester près d’elle.

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Sueurs froides pour une rencontre au sommet

Eté 1962, à Hollywood. Un maître du cinéma, au sommet de son art, a accordé à un jeune réalisateur français, pétri d’admiration, une série d’entretiens dans le but de disséquer son œuvre et d’en tirer un livre. Ce dernier constitue aujourd’hui encore une véritable bible pour les cinéphiles du Monde entier. Côté cour, Alfred Hitchcock, entre deux séances de travail sur Les Oiseaux, côté jardin, François Truffaut, en élève discipliné, bien loin d’oser le moindre des «Quatre cents coups».
Excellente nouvelle, pour les amateurs tant de théâtre que de cinéma, ces «Entretiens Hitchcock Truffaut» ont pris vie sur la scène du Lucernaire, luxuriant îlot culturel de la rue Notre-Dame des Champs. Et cette pièce, «Hitch», est un régal. N’y manque pas même une intrigue propre si «hitchcockienne» concoctée par deux auteurs inspirés, Alain Riou et Stéphane Boulan. Mais chut ! … sachez juste que pour Sir Alfred « la mort est le moment le plus enrichissant de l’existence».

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Gustave Courbet, l’amour de la nature

Étienne Carjat, ami de Baudelaire, journaliste, caricaturiste et photographe, (celui-là même qui réalisa le fameux portrait de Rimbaud en 1871, avant de détruire, paraît-il, en représailles, la plupart des clichés du poète parce que celui ci l’avait blessé, au cours d’un dîner orageux, d’un coup de canne-épée, arme empruntée au poète Albert Mérat ), écrivit un texte dédié à la mémoire du peintre Gustave Courbet.

Tout en saluant l’œuvre de l’auteur de «l’Atelier du peintre», Carjat rappelle à quel point Courbet est mort, en 1877, dans une grande solitude. Exilé en Suisse, condamné par la justice qui le rendait responsable de la destruction de la colonne Vendôme pendant la Commune, ses biens et œuvres saisis et dispersés en vente publique. Il est vain de dire que la IIIe République aura négligé les anciens communards. Continuer la lecture

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