Le 22 août 2020, plus de cinquante ans après sa mort et après un improbable périple, les cendres de Dorothy Parker (1893-1967) trouvèrent enfin leur dernière demeure. Un guide touristique et admirateur inconditionnel du nom de Fitzpatrick les mena de Baltimore à New York où la célèbre plume new-yorkaise repose désormais auprès de sa famille dans un cimetière du Bronx. Celle qui avait souhaité comme épitaphe “Excuse my dust” (Excusez-moi pour la poussière) ne croyait pas si bien dire… Partant de ce fait d’actualité, la comédienne et metteuse en scène Zabou Breitman rend hommage dès aujourd’hui, dans un savoureux spectacle, à cet esprit allègrement acerbe dont la vie fut aussi fantasque et mouvementée que son dernier voyage. Continuer la lecture
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Au fil de ses réflexions, calculs et découvertes, Johannes Kepler s’était persuadé que la nature avait le sens inné de l’équilibre. Que cet ordre ainsi nommé obéissait à des lois physiques. En les conceptualisant, ce natif de Weil der Stadt apparu il y aura 450 ans en décembre, aura contribué à la fondation de l’astrophysique. Il avait aussi décelé un lien entre l’harmonie, soit si l’on peut dire l’esthétisme de l’équilibre, et les mouvements planétaires. Il se trouve qu’il sera mis à l’honneur dans une salle de la future maison des mathématiques à Paris. Sous la forme d’une pyramide d’oranges qui symbolisera sa théorie des sphères, dite « empilement de l’épicier », celles que l’on voit encore aujourd’hui sur les étals des marchés. En déterminant la façon dont est constituée cette pyramide à partir d’une orange reposant dans le creux formé par trois oranges, il élaborera le principe de l’ajustement optimal, faisant l’objet de savants calculs qui ne seront établis et surtout définitivement démontrés qu’en 1998, grâce à un ordinateur.
La ville flamande de Gand (B) est suffisamment riche en trésors architecturaux et artistiques pour que le voyageur s’y attarde. Le touriste ne pourra échapper à la découverte de « L’Agneau Mystique » de Van Eyck, chef-d’œuvre absolu du primitivisme flamand, qui possède en outre l’étrange privilège d’être l’une des œuvres les plus convoitées, et les plus souvent dérobées (l’un des panneaux de ce polyptyque est d’ailleurs toujours porté disparu). Il est fort peu probable que ce même touriste s’arrête à une dizaine de kilomètres au sud de la cité flamande, pour visiter une petite ville dont le nom ne lui parlera guère : Laethem Saint-Martin. Nous sommes dans une région secrète mais opulente, à en juger par les constructions modernes et les villas d’exception, témoignant de l’aisance financière de leurs propriétaires autant que de leur goût pour l’architecture contemporaine. On y trouve par exemple une étonnante villa de béton due à l’architecte Juliaan Lampens, l’un des meilleurs exemples du «brutalisme» apparu dans les années 1960. C’est aujourd’hui une résidence d’artistes.
L’inquiétude climatique ne date pas d’hier ni même d’avant-hier. Quelque part au milieu du 17e siècle, très loin de chez nous au Népal, la sécheresse désespérait tout un royaume. Au point que le roi Pratap Malla (1624-1674) mobilisa son courage et entreprit de descendre dans les profondeurs maléfiques d’un temple à Shantipour, sur la colline de Swayambhou. Il fallait descendre des caves en étages jusqu’au niveau d’un lac souterrain. Là vivaient des démons. Afin de les amadouer, le roi avait apporté un poisson, des graines de soja et du lait de vache. La démarche, rythmée par force mantras et dévotions fut, si l’on peut dire couronnée de succès et il plut. Le prestige du jeune souverain en fut renforcé. C’est l’un des épisodes étonnants racontés par Eric Chazot, spécialiste du Népal, dans un livre qui vient de paraître aux éditions El Viso.
Une fois le de cujus parti ad patres, il convient de régler le sort de sa dépouille (pour peu gratifiant qu’il soit, le terme n’en est pas moins approprié). La forme classique de l’inhumation se présente comme l’introduction du cercueil en chêne massif aux six poignées argentées, orné, sur le couvercle, d’un symbole religieux, dans le caveau de famille. Ce qui présuppose une certaine assise sociale. D’autres variations existent, emballages plus modestes, en sapin, bambou, carton, papier mâché, pour une tombe de rencontre. Mais, notable ou purotin, le défunt réintégrera le Grand Cycle de l’Azote,
Un été 2020 privé de festivals, une année culturelle en berne, autant dire que les retrouvailles avec Avignon étaient aussi attendues qu’inespérées. Sous la menace planante d’un variant inamical et l’instauration d’un passe sanitaire qui n’était pas pour simplifier les choses, le festival d’Avignon a néanmoins tenu bon. À l’ombre du majestueux Palais des Papes, de son éternel Prince, et du souvenir de Jean Vilar, il a de nouveau suscité de belles émotions artistiques. Retour sur quelques bonheurs qui, espérons-le, seront bientôt partagés sous d’autres cieux par un large public.
Pour les parisiens à qui le nom d’«Alésia» évoque une station de métro dans le 14ème, il vaut la peine de pousser jusqu’à la station Gare de Lyon direction Montbard à 1h de TGV de Paris. Là, vous avez rendez vous avec nos ancêtres les gaulois, les vrais, pas ceux d’une célèbre BD. Vous avez rendez vous avec un évènement historique majeur, sans doute et malgré la défaite, le premier évènement constitutif de la Gaule en tant que nation.
Et quoi de mieux en effet, afin de signifier à nos lecteurs la mise en pause des Soirées de Paris pour l’été, que cette image issue d’un vieux jeu des sept familles. Et plus précisément ce grand-père qui nous salue avec une courtoisie surannée. Ce que ne font pas vraiment les cyclistes d’aujourd’hui, tandis que le vélo ne cesse d’être à la mode depuis sa lointaine apparition. Déjà le 10 août 1901, dans la revue Tabarin, Guillaume Apollinaire rappelait tout ce que l’industrie du vélo devait à Pierre Michaux (1813-1883), l’inventeur de la pédale. Au point que les bicyclettes produites par ce serrurier d’origine, s’appelaient les Michaudines. L’invention de Michaux, poursuivait Apollinaire, avait « donné des ailes aux hommes » et il ajoutait que ce mérite insigne s’était notamment traduit par l’édification d’une sculpture à sa gloire dans sa ville natale de Bar-le-Duc.
Eugène Atget (1857-1927), artiste autodidacte et précurseur, qui a marqué des générations de photographes malgré une notoriété posthume, a consacré la majeure partie de son existence à photographier Paris. Pendant trois décennies, il s’est évertué à constituer une collection des plus complètes sur ce paysage urbain de la fin du XIXème et du début du XXème siècle, produisant des milliers de clichés qu’il organisait en séries, numérotait et légendait avec minutie : “Paris Pittoresque”, “Art dans le Vieux Paris”, “Environs de Paris”, “Topographie du Vieux Paris”, “Intérieurs parisiens”… À partir des 9.164 tirages d’Atget que contiennent les archives du musée Carnavalet – Histoire de Paris, la Fondation Henri Cartier-Bresson présente actuellement une impressionnante exposition de l’artiste. Près de 150 épreuves originales, tirées par Atget lui-même, attestent ainsi de la singularité d’une œuvre tout aussi moderne que poétique qui va bien au-delà de la simple documentation, aussi intéressante soit-elle. Des images d’une réelle beauté et une exposition incontournable.
C’était peut-être un faux mais non car le serpent a fini par ouvrir un œil. Et Martin, quoique stupéfait, constata que le reptile qui lui faisait face n’en avait plus qu’un. L’autre avait l’air comme suturé, collé, en tout cas fermé par une méchante conjonctivite qui ne devait pas dater d’hier. Il était naturellement lové en spirale avec le bout de la queue qui oscillait comme sous l’effet d’un mol courant d’air. Martin prenait possession de l’appartement de son jeune frère, brutalement mort avant lui. Et il venait de comprendre qu’il n’y vivait pas tout à fait seul. Appuyé d’une main sur sa canne, il chaussa de l’autre ses lunettes et tira de sa poche, la lettre testamentaire qu’il n’avait pas pris la peine de lire. Elle contenait un post-scriptum assez bref, intitulé « à propos de Léon ». Il était écrit que Léon ne dévorait plus depuis longtemps de proies vivantes et qu’il se contentait de pâté en boîte sans dédaigner, de temps à autre, une sucrerie.