Tu veux ou tu veux pas ?

A l’énoncé de la pièce de William Shakespeare et du lieu de représentation, il fallait déjà s’en douter, tout n’est que faux-semblants. Aller voir – avec quel plaisir !!! – «Beaucoup de bruit pour rien» au Théâtre de la Tempête c’est un peu déroutant. Comme dirait Brigitte Bardot (mais que fait Brigitte Bardot ici ?), tu veux ou tu veux pas, c’est noir ou blanc, mais ce n’est pas noir et blanc. Si c’est une tempête, elle fait beaucoup de bruit, mais ce n’est pas pour rien. Une tempête se déchaîne et dévaste tout.

Bah tiens, justement, le vent se lève sur la scène du Théâtre de la Tempête, les comédiens boivent un verre quand soudain on annonce le retour en ville (à Messine), de Don Pedro. Suivons l’affaire. Sans rien dévoiler de l’intrigue, ou si peu, juste assez. Voilà donc une comédie romantique, sur un texte de Jude Lucas et une mise en scène de Clément Poirée. Deux couples évoluent en parallèle, l’un romantique, donc, Claudio et Hero, l’autre comique, Benedict et Béatrice.

«Beaucoup de bruit pour rien» au Théâtre de la Tempête. Photo: Antonia Bozzi

Une comédie, et pourtant, n’en déplaise à Brigitte Bardot, il se dégage de la pièce comme un double sentiment, un coincement aux entournures car chacun rit de l’autre finalement. L’amour entre Claudio et Hero est mis à mal par la tromperie d’un jaloux, Benedict et Béatrice, réfractaires au mariage, sont les victimes d’un jeu qui va les pousser l’un vers l’autre. On rit mais jaune, par exemple quand Benedict reconnaît finalement que « Quand j’affirmais que je mourrai célibataire, je ne pensais pas devoir vivre jusqu’au mariage ».

Alors, je veux ou je veux pas ? Je veux, assurément. Ce spectacle pourrait faire beaucoup de bruit, les comédiens s’en donnent à cœur joie, la mise en scène est riche, jouant notamment avec une ambiance de sérénade dans la nuit éclairée, et les costumes « années folles » sont impeccables. On repartira à nouveau enchanté de la Cartoucherie, indispensable lieu de vie théâtrale. On y avait déjà croisé les formidables Naufragés du Fol Espoir du Théâtre du Soleil, et bientôt c’est Jean-Claude Drouot qui viendra poser sa valise au Théâtre de l’Epée de Bois pour la reprise de Lear et son Fou vu à Avignon cet été. Beaucoup de Bruit pour rien et Lear valent tous deux vraiment le déplacement. C’est loin mais c’est beau.

La page de la pièce sur le site du Théâtre de la Tempête

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4 réponses à Tu veux ou tu veux pas ?

  1. Maryse Girerd dit :

    Jusqu’à quand?

  2. ambroise menou dit :

    bonsoir Philippe !!!
    ici la tempête de lundi est passée, une autre est annoncée pour cette fin de semaine.
    bonne fin de semaine à vous heureux citadins, mais euheuh euhhhh …. ici aussi c’est beau mais effectivement c’est loin.

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