Dans un message à sa compagne Alice, posté au début du mois de février 1916, André Derain indique avoir touché un nouveau tracteur. Le précédent il l’avait sauvé des lignes ennemies en pleine bagarre. Cette missive témoigne aussi de sa solitude. Le Front agit comme un révélateur, un amplificateur sans doute, des bons moments de la vie passée. Parmi les 255 lettres rassemblées dans un livre à paraître le 4 octobre aux édition Hazan, il y a dans la 70e, une phrase une seule qui vaut la peine d’être lue, relue et même mémorisée. De sa plume de peintre qu’il était avant de devenir un guerrier, il écrit: « je n’aspire qu’à recommencer les promenades d’autrefois qui me paraissent maintenant des fêtes splendides ». Continuer la lecture
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Mars 1974. Paris. Opéra Garnier. On donne « La Tosca » de Puccini. Le ténor entonne son premier grand air, « Recondita armonia ». Fin du grand air. Silence dans la salle, comme frappée de stupeur. Trois, quatre secondes passent. La salle entière retient son souffle. Puis elle se déchaine, et c’est l’ovation pour Placido Domingo. Expérience unique, que je n’oublierai jamais.
Préparez vos baskets ! Cette année, les Journées européennes du patrimoine ont lieu les samedi 16 et dimanche 17 septembre. Culture en veux-tu en voilà : de plus en plus de sites sont ouverts à la visite et il est souvent difficile de faire un choix. Pour les indécis, voici trois suggestions de lieux au charme singulier.
Le musée Soulages de Rodez a osé une audacieuse cohabitation cet été – et jusqu’au 29 octobre : les toiles tout en matières et en densité sombre de Pierre Soulages accueillent un nouveau voisin de palier, Alexander Calder, à l’œuvre tout en fil et luminosité, mariant mobiles joueurs et joyeuses gouaches aux teintes mondrianesques. A première vue, tout pourrait les opposer. Le passage de l’obscur à la lumière s’effectue pourtant dans une parfaite fluidité.
«Ors, discret village du Cambrésis, héberge entre les morts de son cimetière communal un carré de pelouse verte et de pierres blanches où les morts ne parlent pas la même langue que leurs voisins». Il faut se rendre dans ce village tranquille du nord de la France, à quelques kilomètres du Cateau-Cambrésis, ville natale du peintre Matisse, pour ressentir ce qu’exprime le poète et traducteur Xavier Hanotte. Ces lignes évoquent l’une des personnalités les plus admirées parmi les écrivains victimes de la Grande Guerre, le poète anglais Wilfred Owen (ci-contre). S’il est relativement peu connu en France, il jouit d’une grande popularité outre-Manche et fait partie du Panthéon des écrivains britanniques.
L’affiche capte aussitôt notre regard : “Agatha Duras Cloos” en lettres capitales et rouges ; puis, en arrière-plan, un couple : lui, de profil, tourné vers elle, tenant le visage de la jeune femme entre ses mains ; elle, les yeux fermés, dans une attitude d’abandon, de lâcher-prise, de souffrance amoureuse. Et puis, plus bas, la mer, la mer si présente dans l’œuvre de Duras, sur laquelle se détachent ces quelques mots d’une belle écriture féminine “Viens demain Viens parce que je t’aime”. Cette image nous attire comme un aimant et nous pousse à connaître l’histoire qui unit cet homme à cette femme. Agatha… un joli nom chargé de mystère. Une pièce de Marguerite Duras mise en scène par Hans Peter Cloos, l’aventure est on ne peut plus tentante. La pièce se joue actuellement à Paris, au Café de la Danse, dans le charmant petit passage Louis-Philippe du quartier de la Bastille. 

Et puis un jour sans en avoir pris conscience, quelqu’un a fermé la porte pour la dernière fois, tout en anticipant les délices du prochain été, entre limonades et boissons anisées. Mais l’année d’après, personne n’est venu et les saisons suivantes non plus. L’herbe folle que l’on fauchait joyeusement au début des vacances a pris ses aises. De la mousse est apparue sur le toit de la caravane. Les fenêtres se sont opacifiées. Les parois ont scellé des souvenirs décolorés en leurs flancs. 