Je lâche le morceau d’entrée, la pièce « Intra Muros » est une nouvelle grande réussite d’Alexis Michalik, qui en signe le texte et la mise en scène à la Pépinière théâtre. Je ne dis pas chef d’œuvre, j’ai peur de me laisser aller. Mais c’est pas l’envie qui manque. Bref, voilà donc la quatrième pièce du jeune (et bel) auteur (oh, non, je suis pas du tout jaloux). Après Le Porteur d’histoire, le Cercle des illusionnistes, et Edmond (tous trois dans le radar des Soirées de Paris), Alexis Michalik nous offre donc « Intra Muros ». Continuer la lecture
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L’exposition célébrant au Grand Palais le centenaire de la naissance du grand photographe américain Irving Penn nous vient tout droit, comme il se doit, du MOMA (Museum of Modern Art de New York). Et c’est le photographe lui-même qui nous accueille, avec cet autoportrait où il se montre accoudé à sa chambre noire avec une désinvolture follement élégante, cette élégance de forme et d’âme qui caractérise toute son œuvre.
Lorsque les médias ont annoncé à grand renfort d’images et de pages la mort de Pierre Bergé, le 8 septembre dernier, je me suis livrée à une petite expérience, en demandant à quelques jeunes si ce nom leur disait quelque chose. Rien du tout. Alors j’ai parlé d’Yves Saint-Laurent, évoquant leur vie et leur œuvre communes. «Ah ! Saint-Laurent ! LA MARQUE !», se sont écriés ces jeunes. Parions que si je leur demandais qui était cette Callas dont on célèbre le quarantième anniversaire de la mort, comme ce n’est pas «une marque»… Quoique, à certains égards, elle le soit devenue, tant on a exploité «le mythe Callas», opposant l’immense chanteuse à la femme malheureuse.
Dans son dernier ouvrage, “Civilisation. Comment nous sommes devenus américains”, en tout point captivant et paru ce printemps aux éditions Gallimard, l’écrivain et philosophe Régis Debray nous met face à notre américanité. “Le XXe siècle fut américain” nous dit-il. A travers un récit factuel des plus passionnants, sans émettre aucun jugement, il ravive notre mémoire et reprend le déroulement de l’emprise que l’Amérique exerça sur notre civilisation au cours des ans, de l’empreinte qu’elle y laissa, qu’il s’agisse de notre politique à l’international, de notre langage truffé d’anglicismes, de notre mode de consommation, des films et séries que nous regardons, de la musique que nous écoutons, des artistes qui firent l’histoire de l’art du XXème siècle … Soyons réalistes : l’Amérique donne le “la” et nous suivons.
La visite des chantiers de restauration de l’École des beaux-arts est un voyage au long cours qui s’étend d’Alexandre Lenoir à Jean-Marc Bustamante. Déjà 200 ans que la vénérable institution (n’en déplaise aux élèves) règne entre Seine et Saint-Germain des Prés. Ça valait bien un brin de toilette. D’autant plus que sur deux hectares se concentrent bâtiments, cours et jardins datant des XVIIe au XXe siècles. Une densité assez rare de chef-d’œuvres architecturaux qui lui a valu d’être classée Monument historique en 1972. Cette diversité et une histoire en permanente évolution font dire à François Chatillon, architecte en chef des Monuments historiques et maître d’œuvre de la restauration que si «l’école était un livre ce serait une encyclopédie dont les volumes continuent à s’écrire chaque jour».
Dans un message à sa compagne Alice, posté au début du mois de février 1916, André Derain indique avoir touché un nouveau tracteur. Le précédent il l’avait sauvé des lignes ennemies en pleine bagarre. Cette missive témoigne aussi de sa solitude. Le Front agit comme un révélateur, un amplificateur sans doute, des bons moments de la vie passée. Parmi les 255 lettres rassemblées dans un livre à paraître le 4 octobre aux édition Hazan, il y a dans la 70e, une phrase une seule qui vaut la peine d’être lue, relue et même mémorisée. De sa plume de peintre qu’il était avant de devenir un guerrier, il écrit: « je n’aspire qu’à recommencer les promenades d’autrefois qui me paraissent maintenant des fêtes splendides ».