Nous sommes dans les années 70 dans la banlieue de Londres, classe moyenne/moyenne/sup. Ce soir Beverly reçoit avec son mari Peter, qui ne partage pas son excitation à l’approche de cet exercice de courtoisie. Un apéritif entre voisins arrosé, de plus en plus arrosé. Ambiance « vintage » et vide des conversations. Le décor remplace le fond. La reconstitution de l’époque -avec le mobilier, les costumes (Ah la salopette d’Angela !)- est très sophistiquée et poussée dans ses moindres détails avec l’inoubliable présentoir à cigarettes -un accessoire malheureusement disparu et relégué de nos jours au rang de curiosité-, qui atteint ici le sommet du burlesque. Continuer la lecture
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Une ombre avançait le long d’une rue grise. La silhouette de l’homme était pesante. Il progressait lentement en maudissant son agilité perdue. Son souffle était court, son cœur avait tendance à s’affoler, son taux glycémique frôlait toujours la ligne rouge. Mais il poursuivait sa route sur cette avenue de banlieue en partant du principe permanent que la vie c’était le mouvement. Son chapeau fatigué était assorti à son costume sombre. Jean décida de se ménager une pause contre une porte si rouillée qu’elle semblait prête à s’ouvrir…
Habillant Mickey en muezzin, en juif pratiquant, en pape ou en Bouddha, Bernard Rancillac traduit par la peinture les affres d’un nouveau siècle. En 1977 déjà, il avait représenté Donald et Dingo en généraux-dictateurs chiliens avec dans l’angle du bas, un Jimmy Carter travesti en Popeye goguenard. Celui qui fait l’objet actuellement d’une vaste rétrospective organisée par le musée de la Poste place du Colonel Fabien, avait systématisé un mélange des genres pour faire ressortir la violence de l’actualité.
C’est l’effet de réputation qui veut ça. Quand on va voir « un » film de Martin Scorsese, toute une série de références enviables nous revient en mémoire. La confiance et l’envie sont là. Une force se dégage de sa filmographie. Scorsese se distingue de beaucoup de ses pairs. Il sait prendre des risques. Avec « Silence » cependant, il lui a manqué quelque chose. Son dernier opus est puissant mais ce n’est pas une réussite. La faute vient du casting, de la longueur, du langage.
Louis Capart est calme, la force est en lui, la force tranquille. Celle du poète, du troubadour contemporain. Longs cheveux blancs ou blonds, en bataille ou sagement lissés, barbe blanche et fines lunettes, une guitare acoustique pour seule arme. Assurancetourix d’aujourd’hui, mais un barde que le village gaulois aurait rêvé de pouvoir écouter à la veillée. Cette veillée nous est offerte dimanche 5 mars au Théâtre Clavel. Louis Capart est de retour à Paris, il faut bien de temps en temps, sans doute cela n’enchante pas l’albatros.
Peter Campus nous attrape par notre petit (ou grand) travers narcissique. Dans cette exposition qui vient de débuter à l’étage du Jeu de Paume se trouve un grand écran trompeur. L’astuce a été reprise par ses épigones à l’ère du numérique, mais son procédé date de 1972. L’œuvre baptisée « Interface » fonctionne en double décalage. Les visiteurs s’y voient après être passés devant. Notre propre image est même suivie de son double dans une pose différente. Le trucage est épatant.
Attention, « Piège Mortel » rue La Bruyère. Sur la scène d’un théâtre. Ouf. Quoique, le danger n’est pas écarté. Le meurtre est peut-être dans la salle, qui sait. Tout cela avec une bonne dose d’humour, c’est comique et tragique. Le « Piège mortel » en question est adapté du roman de l’auteur américain Ira Levin et mis en scène par le turbulent Eric Métayer. Après Broadway, Paris 9e.
Une bretelle d’autoroute et des voitures qui bouchonnent. Chaque conducteur écoute sa propre musique. Soudain une automobiliste sort de sa berline et se met à chanter. Une à une les portes des autres voitures s’ouvrent et tout le monde embraye sur le même thème dans une chorégraphie mécanisée. C’est terrible. À travers leurs sourires contraints, les acteurs donnent l’impression de souffrir. Vous allez adorer « La La Land » nous intimait l’affiche. En fait pas plus d’un spectateur sur deux n’en sort convaincu selon des impressions recueillies à la volée alors que le générique apparaît (enfin).
Quoi de commun entre un poète chilien, membre du parti communiste et la femme du Président des Etats Unis ? Juste Pablo Larraín, cinéaste qui a consacré ses deux derniers films à Pablo Neruda et à Jackie Kennedy. Deux films, qui ne sont pas des biographies, ni des ‘biopics’ encore moins des hagiographies, mais qui se consacrent à quelques journées particulières de leurs vies. Journées dans lesquelles Larraín pénètre pour construire son propre récit. La sortie des deux films, magnifiques et différents, à un mois d’écart, rapproche ces deux personnages qui ne se sont sans doute jamais rencontrés, sinon leurs fantômes à Paris en ce début d’année 2017, et nous incite non pas à les comparer mais à chercher chez l’un et l’autre ce qui a pu inspirer le cinéaste.
Essayiste passionné d’échecs, esprit des plus originaux maniant superbement la langue française, Denis Grozdanovitch est très apprécié de son fidèle lectorat. Il l’a conquis depuis 2002 grâce à son « Petit traité de désinvolture », puis fidélisé notamment grâce à « L’art difficile de ne faire presque rien», ou son « Petit éloge du temps comme il va » (2014). Il aime mêler anecdotes personnelles et considérations littéraires, philosophiques, poétiques, politiques même, prônant un mode de vie résolument à l’encontre de nos temps modernes.