« On a dit de Picasso que ses œuvres témoignaient d’un désenchantement précoce. Je pense le contraire. Tout l’enchante et son talent incontestable me paraît au service d’une fantaisie qui mêle justement le délicieux et l’horrible, l’abject et le délicat« , disait Guillaume Apollinaire.
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A la recherche d’un lieu insolite et décontracté de plusieurs hectares où venir boire une bière cet été? C’est tout trouvé. L’adresse ne sent pas le sexy : 26ter rue Ordener dans le 18e arrondissement, juste à côté du métro Marcadet-Poissonniers. Certes, rien à voir avec la Cité de la mode tendance sous laquelle le bar éphémère Ground Control s’était installé avec succès précédemment. C’est donc rue Ordener, dans un quartier très populaire du Nord-est de Paris que le bar éphémère resurgit et pour son plus grand bien. Baptisé « Grand Train », le projet mené par Ground Control et la SNCF s’est transporté sur un ancien site ferroviaire, voué à la démolition.
Jamais je n’aurais pensé avoir le bonheur, que dis-je l’honneur, de parcourir la France en compagnie de l’illustre Henry James, lors de ce qu’il appelle « A little tour in France » (non pas « Un petit tour de France », mais « Un petit voyage en France », assez complet d’ailleurs).
Comme toute grande ville de province, Lille possède ses monuments érigés à la mémoire des personnalités qui y sont nées, comme le général de Gaulle dont la maison natale est devenue un musée, ou Alexandre Desrousseaux, auteur du populaire « P’tit Quinquin . Mais la ville est peut-être la seule en France à avoir conçu un monument à la gloire du… pigeon. Pas n’importe lequel : le pigeon voyageur, dont le rôle pendant les conflits militaires, notamment en 1914, a été important. Utilisé pour la transmission d’informations, permettant l’échange de correspondances ou même des missions d’espionnage, le pigeon voyageur a parfois modifié le cours d’une bataille.
Ses souvenirs de la guerre 14-18 ont été encensés par André Gide. Le frontispice du « carnet de notes n°5 » de Ernst Jünger est notamment orné (ci-contre) d’une tête de mort assez évocatrice de ce que pouvait inspirer la boucherie à l’œuvre sur le théâtre des opérations. Là est l’intérêt de l’exposition sur les « Ecrivains en guerre » qui vient de débuter à l’Historial Péronne (Somme). Car elle ne se limite pas aux auteurs français comme Mac Orlan, Cendrars ou Apollinaire. Elle est certes sélective, car ils étaient bien trop nombreux à être partis, mais elle est surtout internationale.
En ces temps de tempête sur la Manche et de début d’été plutôt tristounet, deux bonnes raisons d’aller au cinéma : les sorties simultanées de Love and friendship de Witt Stillman et Tout de suite maintenant de Pascal Bonitzer. Deux portraits de femmes, Lady Susan et Nora, bien décidées à s’en sortir, l’une dans l’Angleterre de la fin du XVIIIe siècle, l’autre dans la France du XXIe siècle. L’une s’appliquant à surnager dans le monde feutré mais sans concession de la gentry, l’autre dans l’univers non moins impitoyable de la haute finance. Deux femmes seules mais conquérantes, qui à plus de deux siècles d’intervalle, mettent leur intelligence et leur absence de scrupules au service de leur cause.
… n’oubliez pas d’aller voir la courte pièce intitulée « Je reviens de la vérité » par Charlotte Delbo, adaptée, scénographiée et jouée (entre autres) par Agnès Braunschweig.
Le film bien étrange que vient de nous livrer Antonin Peretjatko est une révolte ubuesque face aux normes européennes qui nous accablent. « Hors-normes » comme l’un des mots de la fin, il a réussi à décider un couple de spectateurs à quitter la salle du MK2 Bastille précipitamment, provoquant une sorte de flottement chez les autres qui devaient déjà plus ou moins penser à prendre la porte, phénomène plutôt en vogue. Erreur.
Depuis Pantin où il habite, Bruno Sillard fait et refait ses voyages de mémoire, réels ou irréels. L’une des plumes des Soirées de Paris vient de publier « La passagère du wagon-lit » le dernier recueil de ses souvenirs. Lire son dernier ouvrage revient à voir défiler devant nous un diaporama intime au bout d’un de ces faisceaux de lumière propres aux vieux appareils de projection, faisceaux dans lesquels on voyait flotter une chorégraphie de particules.
« Ne songeons qu’à nous réjouir, / La grande affaire est le plaisir ! ». Quoi de mieux que ces vers de Molière chantés jusqu’à satiété au théâtre des Bouffes du Nord pour décrire l’enthousiasme de la salle ce soir là ! William Christie à la musique, Clément Hervieu-Léger à la mise en scène nous réjouissent l’âme et le corps dans un Monsieur de Pourceaugnac enlevé, drôle, qui remédiera à toute « mélancolie hypocondriaque ».