C’est sans doute un indice de sa popularité en Belgique. Ce ne sont ni des « Oscar » ni des « César » qui récompensent chaque année les meilleurs artistes belges de cinéma, mais des « Magritte ». La cérémonie existe depuis dix ans et la plupart des grands réalisateurs, acteurs ou techniciens belges se sont vus remettre ce trophée. La récompense, une sculpture du designer bruxellois Xavier Lust, est inspirée d’une affiche que Magritte avait réalisée pour un festival de cinéma en 1958.
Autre signe montrant que la Belgique célèbre comme il faut le peintre de «L’Empire des lumières» : trois lieux ouverts au public lui sont consacrés. Le plus important, le musée Magritte, place royale à Bruxelles (on ne peut être mieux situé) présente plus de 230 œuvres et, en l’absence de covid, accueille une moyenne de 300.000 visiteurs chaque année. Continuer la lecture
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Quelle est la taille du lit? La pression du pommeau de douche est-elle assez forte? L’immeuble est-il sécurisé? Quelle est la vitesse du wifi? Le gel douche est-il sans sulfates? Recevoir des hôtes très exigeants sous la tutelle de la célèbre enseigne Airbnb, revient très souvent à se compliquer la vie. Mais pas pour rien. Car justement, lorsque Nafissa Tiago tente l’expérience dans son appartement de la Porte de la Chapelle, c’est afin de compléter des revenus aléatoires qu’elle obtient de ses travaux scénaristiques. Avec « Faites comme chez vous, Chroniques Airbnb », Nafissa Tiago nous fait partager son expérience d’hôtesse prise entre deux feux, ses clients d’une part et ses correspondants Airbnb de l’autre. Ces chroniques sont le roman moderne de l’évolution urbi et orbi d’usages fort anciens mais révolutionnés par des algorithmes implacables. C’est bien écrit, instructif et suffisamment drôle pour ne jamais s’ennuyer.
Pour avoir, en 1980, raté un plat, faute d’avoir respecté la recette, Hervé This, étudiant en sciences exactes, s’engagea dans un domaine d’études particulier, les «précisions culinaires». Il s’agissait d’interpréter, en termes physico-chimiques, les sentences et aphorismes transmis, de façon empirique, de chef à apprenti (cf Bernard Loiseau « Trucs, astuces et tours de main Hachette » 1993) ou répétés de grand-mère à jeune fille au dessus des fourneaux. À partir du concept de «gastronomie moléculaire», développé dans sa thèse (1995), il poussera jusqu’à l’invention de préparations nouvelles, fondées sur la connaissance des propriétés des ingrédients et des instruments susceptibles d’intervenir dans leur transformation. En poussant le bouchon à l’extrême, il sera désormais possible de créer des aliments à partir de composés chimiquement purs. Exercice ou s’illustrera le célèbrissime Ferran Adria, « le Dali de la bouffitude», si l’on en croit Périco Legasse, dans son restaurant El Bulli, sur la Costa Brava.
Sur cette reproduction sonore de 1963, Enrico Caruso chante notamment « La donna è mobile », dont le texte est issu de l’opéra de Verdi, « Rigoletto ». Cela fait alors près de quarante ans que le ténor a disparu mais sa notoriété exceptionnelle court toujours. Même avec les moyens techniques de l’époque, l’enregistrement laisse percer la force vocale de l’artiste napolitain. Caruso chante que les femmes sont versatiles, légères, et qu’il ne faut pas se fier à la douceur de leur regard. De quoi se faire pendre haut et court si l’on se réfère à notre époque intraitable sur la question. Mais la musique qui accompagne le texte, d’une énergie phénoménale, gomme l’impair. Errico Caruso, dit Enrico, a expiré il y a cent ans, à l’âge de 48 ans. Et il est bien étonnant de constater l’absence de références biographiques à son sujet. Une grande librairie parisienne consultée, nous a répondu que « non, nous n’avons rien ». Même pas les travaux universitaires publiés à son sujet par un certain Jean-Paul Mouchon. C’est bien dommage.
La préface, très nécessaire, se termine par un véritable plaidoyer : «Onorate l’altissimo poeta! On ne l’a vraiment pas assez fait en France où D’Annunzio a trop souvent été mal jugé ou même rejeté pour des raisons partisanes qui n’ont rien à voir avec la littérature et encore moins avec la poésie». Celui qui se fait ainsi l’apologiste de l’écrivain italien, c’est l’universitaire Jean-Paul Goujon, inlassable défricheur littéraire de terres vierges. S’il en avait besoin (ce qui est possible), le quasiment légendaire Gabriele D’Annunzio (1863-1938) se verrait en partie réhabilité avec la parution de ce texte peu connu, notamment… parce qu’il n’avait jusqu’alors jamais été traduit en français. En l’occurrence, c’est le préfacier lui-même qui nous offre la première version dans notre langue du «Prologue à la Vie de Cola di Rienzo» plus d’un siècle après les premières parutions en italien (1905, puis 1913).
Si la période actuelle nous contraint malheureusement à une vie culturelle essentiellement “virtuelle” avec visites, conférences, découvertes de spectacles… par écran interposé, les MOOC (“Massive Open Online Courses”), ces sessions de formation en ligne le plus souvent gratuites et ouvertes à tous, ne datent pas du confinement. Mises en place, à l’origine, par les universités et les grandes écoles à l’attention de leurs étudiants, elles se sont généralisées ces dernières années et les institutions culturelles n’ont pas hésité à s’en emparer avec talent et inventivité. Il y a cinq ans, nous en faisions une première expérience ainsi que l’objet d’une chronique dans Les Soirées de Paris (1). Depuis, les sujets n’ont cessé de se multiplier (l’impressionnisme, Picasso, la photographie, la bande dessinée… pour n’en citer que quelques-uns), rendant ainsi l’histoire de l’art accessible à tous d’une manière tout aussi ludique qu’intelligente.
Il était une fois, dans la capitale de l’Empire Austro-Hongrois, en 1900, un artisan, fabricant d’instruments médicaux, nommé Erwin Perzy. En ce temps là, les demeures étaient éclairées au gaz de ville, mais l’électricité faisait son apparition. Pour mieux concentrer la lumière des ampoules installées dans les blocs opératoires, Perzy tenta divers dispositifs, notamment des globes remplis d’eau, faisant office de loupe. Dans lesquels il introduisit des paillettes de mica, afin d’obtenir une luminosité plus importante. Mais cela n’entraînait qu’un bref scintillement, l’implacable loi de la gravitation faisant rapidement choir au fond les particules. Tenace, notre héros réitéra l’expérience en utilisant cette fois des grains de semoule. Lesquels s’imbibant lentement voletèrent comme neige tombant du ciel, avec un résultat meilleur. Fin de la première étape.
Pour son voyage vers la Lune, Jules Verne faisait son miel de moult détails techniques ce qui ne l’empêchait pas, par moments de tirer quelques salves humoristiques. Ainsi lorsqu’il mentionne, via l’un de ses personnages, l’anecdote suivante: soit une expérience balistique française sous Louis XI qui vit une bombe partie de la Bastille, « un endroit où les fous enfermaient les sages », atterrir à Charenton, « un endroit où les sages enfermaient les fous ».
On croit trop souvent qu’il faut toute une éducation pour aimer «Traviata» ou «Faust», alors qu’il suffit de se laisser porter par la musique, l’intrigue, les voix, le décor, les costumes. Car l’opéra, art total, est tout simplement une histoire qu’on nous raconte. Qu’on découvre «Tosca» ou «Othello» ou qu’on les ait vus cent fois peu importe, parce que ces œuvres sont si riches et l’expérience si complète. Alors comment peut-on se contenter, comme en ce moment, de voir ces chefs-d’œuvres lyriques en streaming at home, sur nos petits écrans à nous ? Si l’expérience n’est pas la même, bien sûr, que si on se trouvait dans la salle, elle suffit pour apprécier tous les éléments essentiels : la direction d’orchestre, la mise en scène et les chanteurs. Et à la fin, lorsque tous les talents se sont conjugués au plus haut niveau, on sent qu’on vient de vivre un moment hors du monde comme avec cette nouvelle production de «Pélléas et Mélisande», captée à l’Opéra de Lille le 9 avril dernier et disponible en streaming pendant six mois.
En d’autres temps, un éditeur se serait frotté les mains. Il aurait aisément transformé ce qu’on appellerait aujourd’hui un buzz en juteuse opération commerciale. Une atteinte aux bonnes mœurs, on en rougit peut-être, mais on peut en tirer un certain bénéfice. En réalité, Poulet-Malassis le courageux éditeur des « Fleurs du Mal », se serait bien passé de la condamnation prononcée le 20 août 1857. Et Baudelaire bien plus encore. Ce fameux procès – qui a assuré au substitut Pinard un notoriété inattendue – condamnait l’éditeur, le libraire et l’auteur pour délit d’outrage à la morale publique et aux bonnes mœurs à une amende de 100 francs pour les premiers et 300 francs pour l’auteur. Baudelaire, qu’on ne peut soupçonner de lésine, dut plaider sa cause auprès de l’impératrice et obtint un rabais. Mais surtout, il fallait supprimer six pièces du recueil. Le livre, tiré à 1100 exemplaires, n’était plus vendable. Il y aura d’autres éditions «expurgées». Quant au substitut Pinard, il sera décoré de la Légion d’honneur l’année suivante.